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D’Antigone à Marianne, Rêves et réalités de la République

Quand :
24 février 2017 – 20 avril 2017 Journée entière
2017-02-24T00:00:00+01:00
2017-04-21T00:00:00+02:00
Où :
Palais des Beaux-Arts, Paris
14 Rue Bonaparte
75006 Paris
France
D’Antigone à Marianne, Rêves et réalités de la République @ Palais des Beaux-Arts, Paris | Paris | Île-de-France | France

D’Antigone à Marianne
Rêves et réalités de la République dans les collections des Beaux-Arts de Paris

Expositions du 24 février au 20 avril 2017
Palais des Beaux-Arts, Quai Malaquais
Ouvert du mardi au dimanche, de 13h à 19h

Présentation
par Emmanel Schwartz, commissaire

Une histoire de la pensée républicaine aux Beaux-Arts, des sujets antiques aux images modernes.

Les grands combats qui définirent la République française sont reflétés par les styles et les courants artistiques que les maîtres et les élèves de l’École des beaux-arts ont privilégiés : le néoclassicisme davidien puis le réalisme ont servi tour à tour le nationalisme révolutionnaire, le socialisme fouriériste, l’engagement social, ouvrier et paysan… Tous sont représentés dans les collections de l’École des beaux-arts.

L’exposition met en valeur les artistes de l’École qui ont marqué leurs oeuvres de pensée républicaine, de 1789 à 1939, à travers trois républiques et quatre moments révolutionnaires. Jules Dalou, par exemple, incarne à jamais, par sa vie et son oeuvre, l’engagement républicain de l’artiste dans les périodes décisives de la démocratie française. Mais la place d’honneur revient à David d’Angers, maire républicain du quartier sous la seconde république, éternel révolté contre les rois et les empereurs, exilé par Napoléon III, comme Victor Hugo : il laissa, sous la forme de portraits en médaillons, une galerie des enfants du siècle, acteurs ou victimes de l’idéal républicain.

L’École anticipa sur bien des points les principes politiques et pédagogiques de la République française moderne. L’idée même d’instruction publique, gratuite et laïque était en germe sous la Révolution : elle trouve son application dans le système des concours anonymes et des bourses, qui offrirent à des artistes pauvres des carrières prestigieuses.

Elle s’appuie aussi sur la création de collections muséales à vocation pédagogique – l’École a hérité d’une partie du Musée des monuments français, créé par la Révolution, qui l’a enrichie de multiples donations.

Après la Révolution, l’École systématisa, dans les concours scolaires, l’étude de sujets traitant des républiques romaine et athénienne, complétée par la référence gauloise. Même au temps de la restauration des Bourbons, de la monarchie de Juillet et du second Empire, à plus forte raison lors des révolutions, en 1830, entre 1848 et 1851, les sujets des concours privilégiaient les grands noms, martyrs ou tyrannicides, des républiques antiques, qui enseignent aux temps modernes le culte de la Vertu et la haine de la tyrannie : l’assassinat de César par Brutus, les suicides de Caton et de Démosthène, et surtout la noblesse tragique d’Antigone, l’héroïne de Sophocle, combattant le pouvoir injuste de la Cité.

Les travaux des anciens élèves ont peuplé Paris et la France de bâtiments et d’allégories voués à la République. Les grands concours pour la figure de la République, organisés dans l’École en 1848, 1878, 1880, fixèrent le portrait d’une Marianne, avec ou sans bonnet phrygien, selon l’audace des jurys.

Au total, ce sont environ deux cents oeuvres qui seront présentées, de toute nature et d’origine très variée : peintures, dessins, gravures, sculptures, médailles, études scolaires, projets d’architecture, oeuvres muséales, photographies anciennes des grands événements historiques…

Emmanuel Schwartz, conservateur des peintures et sculptures aux Beaux-Arts de Paris
L’exposition :

Contexte culturel, social et historique D’Antigone à Marianne, comme l’indique le titre de l’exposition présentée aux Beaux-Arts dans le cadre de son bicentenaire, retrace l’histoire de l’émergence de l’idée républicaine et sa représentation à l’École des Beaux-Arts en convoquant des figures tutélaires antiques et modernes.

Les témoins de la résurgence et de la reconquête de ce modèle politique au soir de la Révolution française, sont tout autant les hommes et leurs actions (Louis David, Alexandre Lenoir, Ingres, Victor Schoelcher, David d’Angers et l’ensemble des contemporains dont il a dressé le portrait) que les oeuvres elles-mêmes, éloquentes par leurs sujets, leur style et leurs sources d’inspiration.

Les références à la Grèce antique et à Rome, l’héritage des Lumières et la Révolution française sont dans tous les esprits et forment le substrat historique, social et culturel des hommes du XiXe siècle, quels que soient leur origine sociale ou les courants de pensée auxquels ils adhèrent.

Les élèves l’École des Beaux-Arts et leurs maîtres partagent une même culture de l’Antique, l’éducation étant basée sur la connaissance de l’histoire de la Grèce et de Rome, considérées comme le berceau de la civilisation occidentale, et servant de modèle artistique tant en architecture et en sculpture, que pour les sujets de peinture.

Chacun connaît les faits et geste de tel héros, roi ou tyran, sauveur ou traître, homme politique ou philosophe et le répertoire historique auquel puisent les artistes, abonde de personnages mythiques ou réels.

À cette culture de l’antique se mêle l’histoire nationale ancienne ou récente, celle de la Gaule comme celle l’ancien régime et de la période révolutionnaire. Elles nourrissent ensemble des idéaux politiques souvent contrastés et des partis pris tranchés : la vie de tout un chacun est marquée par les soubresauts de la vie politique qui traversent l’époque.

De la convention à la fin du 1er Empire, de la Monarchie de juillet à la Commune, les turbulences politiques incessantes du XiXe siècle ne parviennent pas à éteindre l’aspiration à ce nouvel idéal qu’est la République. Cette pensée républicaine va progressivement s’ancrer, y compris de manière souterraine, jusqu’à la proclamation de la 3e République en 1870 et au-delà. C’est sans doute cette 3e République qui en illustre le mieux les avancées concrètes, grâce à l’instauration de l’école publique obligatoire en 1881, mais aussi la liberté d’expression et d’opinion et la représentation du monde ouvrier par le syndicalisme.

L’École des Beaux-Arts épousa les mouvements du siècle et produisit tôt cet esprit républicain basé sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui ne devait plus la quitter.

L’exposition met en valeur les artistes de l’École qui ont marqué leurs oeuvres de cette pensée républicaine de 1789 à 1939, et rassemble près deux cent pièces et documents témoignant des hésitations de l’histoire tout autant que de l’engagement passionné des hommes qui firent advenir ce régime profondément égalitaire.

D’une république, l’autre : parcours thématique L’exposition de la salle Foch, au premier étage du Palais des Beaux-Arts, est organisée en sections thématiques qui décrivent la genèse et la progression de l’idée républicaine dans les arts français, dans ses interprétations les plus variées.

La Grèce, Rome et la Gaule

Source d’inspiration à la fois esthétique et morale, les récits antiques symbolisent la résistance à l’oppression qui devient un thème privilégié en art. Bien qu’académiques, ces sujets portent en germe l’idée républicaine. Le personnage tragique d’Antigone, qui se dresse contre le pouvoir injuste de la cité, incarne avec la plus noble grandeur la leçon antique.

Sections thématiques :

– Le modèle de la démocratie athénienne

– Le modèle de la République romaine

– Tyrans, dictateurs, martyrs

– La nation gauloise

Les grands moments de la République en France reflétés dans les arts

Les républiques successives rythment les évènements, les grandes illusions, les grandes réalisations. Qu’elles aient enflammé la passion des étudiants et des artistes n’a rien d’étonnant. L’histoire de l’enseignement à l’École des Beaux-Arts les suit et laisse des marques privilégiées de ces étapes. Du Musée des Monument français, révolutionnaire et laïque (devenu Musée de l’École des Beaux-Arts en 1817) aux statues ornant la place de la République et de la Nation, le XiXe siècle est celui qui rendit l’art au peuple et sa liberté aux artistes.

Sections thématiques :

– La première République : le musée des monuments français

– Napoléon : du Consulat à l’Empire

– La deuxième République autour du personnage de David d’Angers

– Les fouriéristes (livre de Milliet)

– Les célébrations de la 3e République

La République au pouvoir

La vie des artistes progresse au fil des transformations sociales : la relation des artistes à la cité ; l’école du peuple ; la condition rivale des peintres et des sculpteurs ; les architectes de l’utopie révolutionnaire ;
l’influence des artistes français à l’étranger ; la place des femmes… sont autant de facettes de l’esprit républicain appliqué aux arts.

Sections thématiques :

– La Cité (dessins d’architecture)

– La promotion sociale : l’exemple des sculpteurs valenciennois

– Ouvriers et paysans, la naissance d’un réalisme socialou poétique/

populiste

– Formes du nationalisme français

-La première grande école ouverte aux femmes

Autour de l’exposition

Journée d’étude :

« Esthétique et République » avec Olivier Christin, directeur du CEDRE (Centre européen d’études républicaines), le 16 mars 2017.

Catalogue :

D’Antigone à Marianne
Rêves et réalités de la République dans les collections

Textes d’Emmanuel Schwartz, conservateur des peintures et des sculptures aux Beaux-Arts de Paris, d’Olivier Christin et Anne Verjus.

Broché, 195 x 260, 152 pages, 30€

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Propositions du collectif : http://www.arretetonchar.fr/manifeste-arrête-ton-char-les-lca-aujourdhui/

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