Accueil » Actualités » A la une d'ATC » Exposition Bourdelle et l’Antique : une passion moderne (octobre 2017 à fevrier 2018) Musée Bourdelle

Exposition Bourdelle et l’Antique : une passion moderne (octobre 2017 à fevrier 2018) Musée Bourdelle

BOURDELLE ET L’ANTIQUE : UNE PASSION MODERNE

Exposition ouverte du 4 octobre 2017 au 4 février 2018
Tous les jours sauf lundi et certains jours fériés.

Musée Bourdelle
18 rue Antoine Bourdelle
75015 Paris
Tél. 01 49 54 73 73

Accès : métro lignes 4/6/12/13 Métro Montparnasse-Bienvenüe
Bus : 91, 58, 82, 95

DU 4 OCTOBRE 2017 AU 4 FEVRIER 2018

Dans l’histoire des formes comme des idées, pas « d’avancée » qui ne procède d’un « recul », pas de révolution esthétique qui ne passe par la renaissance d’un passé enfoui, la reviviscence d’un patrimoine spirituel et plastique – en l’occurrence celui de la Grèce la plus antique. C’est là que le sculpteur Antoine Bourdelle viendra puiser pour créer les chefs-d’œuvres de sa maturité au tout début du XXè siècle.

De l’énergie primordiale du mythe, des figures fabuleuses des temps archéologiques – Tête d’Apollon (1898-1909), Pallas Athénée (1905), Héraklès Archer (1910), Le Fruit ou la nudité des fruits ( 1906-1911), Pénélope (1905-1912), Centaure mourant (1914)… – Bourdelle tire la force novatrice d’un « travail net, dépouillé et sans nuance », affranchi de l’esthétique de Rodin, des canons de l’académisme comme des conventions du réalisme.
Repensée en termes de masses et de plans, soumise à un processus d’épuration et d’altération, la sculpture de Bourdelle donne corps à une beauté inédite que la critique dénonce, dans un premier temps, comme « un retour à l’idole du sauvage. » Paradoxalement le mouvement même de ce retour à « l’origine » inscrit Bourdelle au coeur des prospections les plus audacieuses de l’art moderne. 
L’exposition confrontera donc la création de Bourdelle aux déesses de Puvis de Chavannes, aux baigneuses de Picasso, à la Méditerranée de Maillol comme à la Serpentine de Matisse – familiers, pour un temps, de l’atelier du maître –, aux sculptures de Modigliani et de Zadkine, aux faunes et chèvre-pieds de Ker-Xavier Roussel et de Maurice Denis qui participèrent tous deux à la création du Théâtre des Champs-Élysées, aux figures chorégraphiques d’Isadora Duncan et de Nijinski qui « dansèrent l’antique »…  Dans le laboratoire formel de cet archaïsme moderne opératoire des années 1890 aux années 1920, l’exposition rend à Bourdelle la place déterminante qui lui revient.

A propos Jean-François Dru

Professeur de Lettres Classiques au Collège Hoche et à l'université inter-ages de Versailles.

Laisser un commentaire