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Juvénal, Satires, 3, v. 193“211 (mètre : hexamètre dactylique)


Classement : Texte latin en lecture restituée
Nous présentons ici les travaux d’enregistrements sonores de poésie latine de Vojin Nedeljkovic.
En effet, le site Viva Voce sur lequel était présenté ce travail n’est aujourd’hui plus accessible : http://dekart.f.bg.ac.yu/~vnedeljk/VV/index.html
Vojin Nedeljkovic lis les textes latins en marquant les longueurs des syllabes et les syllabes accentuées : une véritable redécouverte de la poésie antique.
Juvénal, Satires, 3, v. 193–211 (mètre : hexamètre dactylique)
Nos urbem colimus tenui tibicine fultam
magna parte sui ; nam sic labentibus obstat
vilicus, et veteris rimae cum texit hiatum,
securos pendente jubet dormire ruina.
Vivendum est illic ubi nulla incendia, nulli
nocte metus. Jam poscit aquam, jam frivola transfert
Ucalegon, tabulata tibi jam tertia fumant,
tu nescis ; nam si gradibus trepidatur ab imis,
ultimus ardebit quem tegula sola tuetur
a pluvia, molles ubi reddunt ova columbae.
Lectus erat Codro Procula minor, urceoli sex
ornamentum abaci, nec non et parvolus infra
cantharus, et recubans sub eodem marmore Chiron ;
jamque vetus Graecos servabat cista libellos,
et divina opici rodebant carmina mures.
Nil habuit Codrus, quis enim negat ? et tamen illud
perdidit infelix totum nihil. Ultimus autem
aerumnae est cumulus quod nudum et frusta rogantem
nemo cibo, nemo hospitio tectoque juvabit.
Traduction :
Nous, pauvres citadins, notre ville s’étaie
Sur de frêles appuis: quand la chaux et la craie
Ont blanchi nos vieux murs lézardés et pendants,
Dormez, dit l’inspecteur, sans crainte d’accidents.
Allons vivre en des lieux que l’incendie évite,
Où la nuit sans alarme au sommeil nous invite.
Ucalégon déjà flambe comme un bûcher;
De ta maison déjà le troisième planche
Fume, et tu n’en sais rien ! … L’escalier brûlant tombe;
Et, sous la tuile où pond l’amoureuse colombe,
Le malheureux, qui gèle au fond de son grenier,
Va rôtir comme nous, mais rôtir le dernier !
Le poète Codrus avait pour tout pécule
Un petit lit, plus court que sa femme Procule,
Six coupes, un buffet où, par l’anse accroché,
Pendait un vase, auprès d’un centaure couché;
Quelques poèmes grecs, dans une vieille armoire
Où des rats ignorants se nourrissaient de gloire.
Bref, Codrus n’avait rien dans son triste métier:
Soit! et pourtant ce rien, il le perd tout entier !…
Pour comble de détresse, affamé, nu, personne
Ne songe au malheureux, sans abri, qui frissonne !

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Propositions du collectif : https://www.arretetonchar.fr/manifeste-arrête-ton-char-les-lca-aujourdhui/

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