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La compagnie les Ménades : Euripide, Les Bacchantes / Les Troyennes : activités pédagogiques à destination des enseignants

262224_214605378577370_1970224_nCoralie Pradet, comédienne et metteur en scène a réalisé un magnifique travail sur Les Bacchantes et les Troyennes d’Euripide. Elle propose de nombreuses activités pédagogiques autour de ces deux pièces , avec sa troupe. Une occasion à ne pas manquer ! N’hésitez pas à les contacter !

Ce qu’en dit Coralie Pradet :

LE PROJET601636_610370375645149_806845687_n

Comment faire entendre de nos jours la pensée d’Euripide en ne réservant pas ce plaisir aux seuls initiés ? Comment restituer le spectacle total qu’étaient pour leurs contemporains les tragédies et les comédies des dramaturges grecs ? Une troupe d’acteurs et d’actrices avec lesquels je travaille depuis longtemps sont prêts à me suivre dans l’aventure… Mais il manquait le sel du projet… Et c’est au cours d’un stage au Sénégal, dans une famille de griots, que j’ai trouvé «ma» solution ! L’énergie, la folie, le délire, la drôlerie, la sauvagerie des Bacchantes étaient là, dans la danse et la musique de la famille Ndiaye, à travers ces traditions multiséculaires ! Il ne s’agit pas cependant de déplacer l’argument de la pièce en Afrique et de contraindre les acteurs européens (français, italiens, bulgares, espagnols) de la troupe à s’initier à toutes les subtilités de l’art sénégalais, mais plutôt de mêler aussi harmonieusement que possible nos cultures respectives.

LA PIÈCE

Tragédie écrite par un Euripide repenti de son scepticisme religieux ? Dramaturge rendant hommage au dieu du théâtre ? Ou plutôt … tragi-comédie de la folie humaine, s’exprimant aussi bien dans le délire religieux que dans le scepticisme le plus buté ? La figure de Dionysos, le dieu masqué, le plus doux et le plus cruel des dieux, comme il se définit lui-même, mi-homme, mi-femme, constitue une métaphore de l’humanité : vindicative et tendre, caressante et cruelle, sage et folle, alternativement et parfois simultanément ! Ainsi Penthé, celui qui refuse sa part d’animalité, sera dévoré par celle-ci. Car être tué par sa propre mère, n’est-ce pas comme être tué par soi-même ? C’est cette ambiguïté qui m’intéresse dans la pièce, ce dédoublement, cette schizophrénie enfouie en chacun de nous. La musique des percussions rend compte de la folie et de la douceur, du délire et de la raison, induits bien sûr par Dionysos, maître du jeu, mais surtout contenus dans chacun des personnages, au-delà de l’influence dionysiaque.
La danse ne mime pas les paroles énoncées par les personnages. Elle a pour fonction d’exprimer ce que les paroles seules ne peuvent pas révéler.

LE CONTENU POLITIQUE10934463_784329174938318_1464438699_n

La pièce d’Euripide est fondamentalement subversive.
En défiant les rites officiels, Dionysos devient le champion des masses contre la répression du monopole Olympien des puissants. Son programme est «révolutionnaire» : il s’agit de renverser l’ordre établi.
Comme le signale le devin Tirésias au début de la pièce, son culte abolit les barrières entre les sexes, les jeunes et les vieux mais aussi entre les humbles et les puissants. Il incite ces «humbles» à ne pas le rester vis à vis du pouvoir de Penthé, qu’il considère comme un usurpateur.
Dionysos a traversé le monde entier et a ainsi formé une troupe «d’exclus» de tous les pays qui sont devenus ses disciples et le suivent aveuglément. Il leur demande de s’installer aux portes du Palais, symbole du pouvoir :
«Venez battre les tambours autour de ce palais royal pour attirer les regards de la ville entière ! »(Dionysos, scène 1)
À eux tous, ils constituent une force que le tyran Penthée ne veut pas reconnaître à sa juste valeur, mais dont il subira la rage vengeresse, tant il est vrai que la revanche des opprimés peut être violente.
Nous avons choisi d’apporter au public des images contemporaines de ses populations itinérantes, déplacées, ainsi qu’une vision du pouvoir identifiable, en nous inspirant de ceux qui le détiennent au 21e siècle.

 

Le dossier pédagogique :

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Une présentation du travail réalisé sur Les Bacchantes (vidéo)

La page facebook de la Compagnie Les Ménades

A propos Jean-François Dru

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Professeur de Lettres Classiques au Collège Hoche et à l'université inter-ages de Versailles.

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