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Les petites amoureuses du roi des dieux, L’amant-cygne


Classement : Reportage
Thématique :
Media : France Culture

France Culture – Nous serons comme des dieux : Les petites amoureuses du roi des dieux, L’amant-cygne – 04-08-2014 (durée : 6′)

Zeus a beau être polygame, marié au moins trois fois dont deux fois avec ses sœurs Héra la légitime et Déméter, déesse des moissons, il raffole des mortelles et leur fait des enfants. Toutes ont suscité la jalousie d’Héra, toutes auront du roi des dieux des enfants étranges, singuliers, trop beaux, ou trop grands, forcément puisque ce sont des demi-dieux. Nous en avons déjà croisées en chemin, comme Léto, mère d’Apollon et d’Artémis, ou Sémélé qui mourut d’avoir voulu regarder Zeus dans sa gloire.

Léda, elle, était reine, fille de roi. Son père Thestios était roi d’Etolie, un petit royaume au nord du golfe de Corinthe, et son mari, Tyndare, ex-roi de Sparte, puissante cité qui, après les temps des origines, parvint à vaincre les Perses avant de guerroyer contre Athènes. Chassé de son trône par son demi-frère, Tyndare s’était réfugié en Etolie et avait épousé la fille de son protecteur. Tout va bien quand Tyndare oublie de réserver la part d’Aphrodite dans un sacrifice. Mauvais, très mauvais, cela: quand les mortels négligent une déesse, elle se venge.

Aphrodite se mit donc en devoir de se venger de Tyndare. Un jour, par jeu ou par désir, Zeus se transforma en cygne, l’oiseau qui justement est celui d’Aphrodite. Aussitôt, la déesse du plaisir se transforma en aigle et pourchassa son  demi-frère- oui, puisqu’Aphrodite est née du sperme de Cronos, elle est la demi-sœur de Zeus, c’est ainsi. La scène est plaisante : l’aigle chasse le cygne et le guide vers Léda qui se baigne dans les eaux  d’une rivière. Toujours emplumé, Zeus s’abat dans les bras de la jolie Léda, qui se laisse caresser sans méfiance. Un cygne au bord du fleuve, quoi de plus naturel. Ce qui l’est moins, c’est de se laisser engrosser par le cygne. Telle était la vengeance d’Aphrodite : cocufier Tyndare à l’aide d’un cygne divin.

Puis l’affaire se complique. Le soir, Tyndare couche avec sa femme Léda qui, au bout de neuf mois, accouche de deux œufs contenant chacun une paire de jumeaux. Mais tandis que l’œuf numéro un contenait deux enfants de Zeus, l’œuf numéro deux contenait deux enfants de Tyndare. Vous suivez ?

Les enfants de Zeus du premier œuf s’appellent Pollux, un garçon et Hélène, la fille. Les deux autres, les enfants de Tyndare, s’appellent Castor et Clytemnestre. En voyant ces œufs, Tyndare comprend sa faute envers Aphrodite et élève généreusement les quatre petits, Castor et Pollux d’un côté- les garçons-, Hélène et Clytemnestre de l’autre- les filles.

Bien qu’ils soient de pères différents, Castor, le mortel et Pollux, le demi-dieu, sont inséparables; on les appelle en vrac les Dioscures, les jeunes enfants de Zeus, ce qui est faux. Un jour de combat, Castor meurt. Zeus propose à son fils Pollux l’immortalité, mais Pollux ne veut pas se séparer de son frère. Le compromis trouvé sera, comme souvent chez les Grecs, de nature alternée: Pollux sera un jour sur deux avec son père divin, l’autre étant réservé à Castor aux Enfers. Ils deviendront les protecteurs de Sparte.

Et les filles ? Ah, les filles. Hélène, la demi-déesse, est la plus belle des femmes. Après avoir librement choisi Ménélas pour époux-Ménélas est roi de Sparte, on reste dans la famille-, la belle Hélène suit le troyen Pâris  à qui la terrible Aphrodite l’a promise, c’est encore sa vengeance. L’a-t-elle vraiment suivi de son plein gré ? A-t-elle été enlevée de force ? Ou bien Pâris a-t-il enlevé un double de la belle Hélène,  chastement protégée et restée en Egypte ? On en discute encore, puisque cet enlèvement causa la guerre de Troie. Le surnom de la belle Hélène est éloquent : la femme aux cinq maris. Un, Thésée quand elle était gamine, deux, Ménélas, trois, Pâris, quatre, après la mort de Pâris, cinq, un de ses frères. J’aime bien l’un des destins de la belle Hélène : elle aurait vécu éternellement avec Achille dont elle eut un fils aux ailes blanches, si mignon que son grand-père Zeus, reconnaissant les plumes dont il s’était couvert, tomba amoureux de son petit-fils.

Et l’autre, la mortelle Clytemnestre ? Pour faire vite, allons-y. Epouse d’Agamemnon, elle ne lui pardonna pas le sacrifice de sa fille aînée Iphigénie, prit un amant, tua Agamemnon au retour de la guerre de Troie, et fut elle-même assassinée par ses enfants, Oreste et Electre. Quand je vous disait qu’Aphrodite est terrible….


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A propos Robert Delord

Enseignant Lettres Classiques (Acad. Grenoble) Auteur - Conférencier : Antiquité et culture populaire Formateur (LCA / Lettres / Image / EMI / Pédagogie de projets / TICE et utilisation raisonnée du numérique / - Président de l'association et administrateur du site "Arrête ton char !" - Membre du comité d’organisation du Festival Européen Latin Grec

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