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Virgile, Églogue 1, v. 1“25 (mètre : hexamètre dactylique)


Classement : Texte latin en lecture restituée
Nous présentons ici les travaux d’enregistrements sonores de poésie latine de Vojin Nedeljkovic.
En effet, le site Viva Voce sur lequel était présenté ce travail n’est aujourd’hui plus accessible : http://dekart.f.bg.ac.yu/~vnedeljk/VV/index.html
Vojin Nedeljkovic lis les textes latins en marquant les longueurs des syllabes et les syllabes accentuées : une véritable redécouverte de la poésie antique.
Virgile, Églogue 1, v. 1–25 (mètre : hexamètre dactylique)
M. Tityre, tu patulae recubans sub tegmine fagi
silvestrem tenui Musam meditaris avena ;
nos patriae fines et dulcia linquimus arva,
nos patriam fugimus ; tu, Tityre, lentus in umbra
formosam resonare doces Amaryllida silvas.
T. O Meliboee, deus nobis haec otia fecit.
Namque erit ille mihi semper deus : illius aram
saepe tener nostris ab ovilibus imbuet agnus.
Ille meas errare boves, ut cernis, et ipsum
ludere quae vellem calamo permisit agresti.
M. Non equidem invideo, miror magis : undique totis
usque adeo turbatur agris. En ipse capellas
protinus aeger ago ; hanc etiam vix, Tityre, duco.
Hic inter densas corylos modo namque gemellos,
spem gregis, a !, silice in nuda conixa reliquit.
Saepe malum hoc nobis, si mens non laeva fuisset,
de caelo tactas memini praedicere quercus.
Sed tamen iste deus qui sit, da, Tityre, nobis.
T. Urbem quam dicunt Romam, Meliboee, putavi
stultus ego huic nostrae similem, quo saepe solemus
pastores ovium teneros depellere fetus.
Sic canibus catulos similes, sic matribus haedos
noram, sic parvis componere magna solebam.
Verum haec tantum alias inter caput extulit urbes
quantum lenta solent inter viburna cupressi.

Traduction :

MÉLIBÉE. Couché sous le vaste feuillage de ce hêtre, tu essayes, ô Tityre, un air champêtre sur tes légers pipeaux. Et nous, chassés du pays de nos pères, nous quittons les douces campagnes nous fuyons notre patrie. Toi, Tityre, étendu sous de frais ombrages, tu apprends aux échos de ces bois à redire le nom de la belle Amaryllis.

TITYRE. O Mélibée, c’est un dieu qui nous a fait ce sort tranquille. Oui, il sera toujours un dieu pour moi; souvent un tendre agneau de nos bergeries arrosera ses autels de son sang. Tu vois, il laisse errer mes génisses en ces lieux, et il m’a permis de jouer les airs que je voudrais sur mon rustique chalumeau.

MÉLIBÉE. Je n’envie point ton bonheur: je m’en étonne plutôt, à la vue de ces champs désolés et pleins de trouble. Moi-même, tout faible que je suis, j’emmène à la hâte mes chèvres; en voici une que j’ai peine à traîner. Là, entre d’épais coudriers, elle vient, mère plaintive, de mettre bas deux chevreaux, l’espérance de mon troupeau, hélas! qu’elle a laissés sur une roche nue. Je me souviens (mais mon esprit était aveuglé) que ce malheur m’a été plus d’une fois prédit: des chênes ont été frappés de la foudre devant moi; souvent du creux d’une yeuse une corneille criant à ma gauche me l’avait annoncé: Mais dis-moi, ô Tityre, dis-moi quel est ce dieu?

TITYRE. Cette ville qu’on appelle Rome, ô Mélibée, n’étais-je pas assez simple pour me la figurer semblable à celle de nos contrées, où nos bergers ont coutume de mener leurs tendres agneaux? Ainsi je voyais ressembler à leurs pères les chiens qui viennent de naître, les chevreaux à leurs mères; ainsi je comparais les petits objets aux grands. Mais Rome élève autant sa tête au-dessus des autres villes, que les cyprès surpassent les vignes flexibles.

 

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