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Virgile, Enéide, IV, v. 9“29 (mètre : hexamètre dactylique)


Classement : Texte latin en lecture restituée
Nous présentons ici les travaux d’enregistrements sonores de poésie latine de Vojin Nedeljkovic.
En effet, le site Viva Voce sur lequel était présenté ce travail n’est aujourd’hui plus accessible : http://dekart.f.bg.ac.yu/~vnedeljk/VV/index.html
Vojin Nedeljkovic lis les textes latins en marquant les longueurs des syllabes et les syllabes accentuées : une véritable redécouverte de la poésie antique.
Virgile, Enéide, IV, v. 9–29 (mètre : hexamètre dactylique)
Anna soror, quae me suspensam insomnia terrent !
Quis novus hic nostris successit sedibus hospes !
quem sese ore ferens ! quam forti pectore et armis !
Credo equidem, nec vana fides, genus esse deorum.
Degeneres animos timor arguit. Heu, quibus ille
jactatus fatis ! quae bella exhausta canebat !
Si mihi non animo fixum immotumque sederet
ne cui me vinclo vellem sociare jugali
postquam primus amor deceptam morte fefellit,
si non pertaesum thalami taedaeque fuisset,
huic uni forsan potui succumbere culpae.
Anna, fatebor enim, miseri post fata Sychaei
conjugis, et sparsos fraterna caede Penates,
solus hic inflexit sensus animumque labantem
impulit : agnosco veteris vestigia flammae.
Sed mihi vel tellus optem prius ima dehiscat,
vel Pater omnipotens adigat me fulmine ad umbras,
pallentes umbras Erebi, noctemque profundam,
ante, Pudor, quam te violo aut tua jura resolvo.
Ille meos primus qui me sibi junxit amores
abstulit : ille habeat secum servetque sepulcro.

Traduction :“Anne, ma sœur, des songes terrifiants me laissent perplexe !

Tu vois cet hôte qui vient d’entrer en nos demeures ! Quelle noblesse
 il porte sur son visage, avec ce cœur vaillant et ces faits d’armes !
 Il est de la race des dieux, je le crois vraiment, et je ne me trompe pas !
 La crainte dévoile les âmes viles. Mais lui, quels destins l’ont malmené !
 Et les guerres qu’il nous a contées, vécues jusqu’à l’épuisement !
Si en mon cœur n’était arrêtée, fixe et irrévocable, ma volonté
 de ne m’unir à aucun homme dans les liens du mariage,
 depuis que la mort m’a déçue, me privant de mon premier amour,
 si je n’avais pris en horreur la couche et les torches nuptiales,
 pour lui seul peut-être aurais-je pu succomber à cette faute.
Oui, Anne, je l’avouerai, depuis la mort du pauvre Sychée, mon époux,
depuis que nos pénates furent éclaboussés par le crime de mon frère,
lui seul a ému mes sens et ranimé mon esprit chancelant.
Je reconnais les marques de la flamme ancienne.
Mais je souhaiterais que la terre m’engloutisse en ses profondeurs,
ou que Jupiter tout-puissant, de sa foudre, me conduise vers les ombres,
les ombres pâles, dans l’Érèbe, et vers la nuit profonde,
ô pudeur, avant que je t’outrage ou que je faillisse à tes droits.
Celui qui le premier m’a unie à lui a emporté mes amours.
Qu’il les garde avec lui et les conserve dans son tombeau”.

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Propositions du collectif : https://www.arretetonchar.fr/manifeste-arrête-ton-char-les-lca-aujourdhui/

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