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L’Aigle et la Salamandre #2 – Les deux salamandres [mise à jour : compte rendu de lecture]

Bandes dessinées   / BD
Date de sortie : 08 mars 2017
Public : tout public      Période historique : : 1er siècle
Dessinateur : QUATTROCCHI Giuseppe
Scénariste : PIATZSZEK Stéphane
Coloriste : MARIO, DAVIDENKO Vladimir Mario
Editeur : Soleil prod.
Collection : Quadrants
Nombre de pages : 48 p.
Site de l'éditeur.

Présentation de l’éditeur :

Qui est l’incendiaire de la glorieuse Rome ?! Fils d’assureur, Gaius Atius Mus se voit contraint d’enquêter pour trouver l’auteur de l’incendie qui ravagea les 2/3 de la ville…

Pris en tenaille entre les intérêts de l’empereur Néron, et ceux du préfet du prétoire, Tigellin, Gaius sait qu’il navigue en eaux troubles. Mais il n’a pas le choix ! Tout comme son père, le voici devenu petite salamandre à la solde des aigles de Rome. Pourra-t-il sauver le peu qu’il lui reste de son ancienne vie : ses livres de rhétorique, Afer, l’esclave et ami, et une bien relative liberté ?

 

Notre lecture :

Retour sur le premier tome :

Rome, fin juillet, 64 après J.-C. Rome est sous les flammes. L’aventure commence tout près du Circus Maximus, tout près aussi, comme nous allons le découvrir assez vite, de la demeure du préfet du prétoire déjà popularisé par Murena, qui se nomme Tigellin. Le protagoniste, en quelques pages, est propulsé malgré lui dans une renaissance : de fils de bonne famille occupé à vivre sa vie sans se préoccuper de quoi que ce soit, le voici qui porte le deuil d’un père, qui se voit ruiné par les contrats d’assurance incendie auxquels ce dernier devait sa fortune, et que Tigellin contraint à mener à son terme une enquête destinée à disculper le préfet de toute responsabilité dans l’incendie.

En effet, l’incendie, qui a duré six longues journées, a mis à la rue une multitude en colère, prête à massacrer sans autre forme de jugement toute personne soupçonnée d’être un incendiaire. Tigellin est le premier accusé : c’est dans sa domus que les flammes ont pris naissance. Si le crime a été commis pour l’inculper, est-ce parce qu’il est un proche de Néron, et que sa place est enviée ? Est-ce pour viser Néron, pourtant apprécié par le peuple ? Est-ce une affaire d’ordre politique ou simplement privée ? Dès le début de l’enquête, Gaius Lucius Mus se retrouve confronté à plusieurs découvertes étonnantes, qui ne manquent pas de montrer la grande complexité de ce qui se joue au sommet de l’État et de sa propre famille : un esclave porteur d’un anneau de chevalier, un père étrangement surnommé “la Salamandre” qui a été lié de très près à Tigellin sans que le fils n’en ait jamais rien su, des espions impériaux qui ne semblent pas prêts à ce que toute la vérité qu’on lui a demandée luise au grand jour, une concurrence vive entre le préfet du prétoire et Fronto, le mignon de Néron…

Le scénariste, Stéphane Piatzszek, n’a pas manqué maintenir l’Histoire dans son histoire : sans aller dans le sens d’une accusation portée envers un Néron soucieux de reconstruire Rome telle qu’il la désire, dans cette vision originale de la cause de l’incendie, il reste fidèle à un certain nombres d’éléments considérés comme certains. C’est chez Tigellin – absent de chez lui – que l’incendie recommence, et les premiers coupables faciles (ceux qui vont permettre de donner à la foule le responsable à abattre sans qu’il en coûte rien au pouvoir) sont ces chrétiens qui entourent Paul.

Tome second :

L’enquête se poursuit : Gaius, le héros, refuse l’injustice par laquelle ce sont les chrétiens que le pouvoir accuse publiquement, et qu’il s’apprête à abattre sous les yeux de la foule en colère. Il veut la vérité, ou plutôt les vérités, puisqu’il mène de front plusieurs enquêtes dont il a pris conscience des liens : qui était ce père, dont il se rend compte qu’il ne le connaissait pas, et dont Tigellin a sous-entendu qu’il faisait partie de ses espions ? qui, encore, a déclenché cet incendie chez le préfet de prétoire, et dans quel complexe objectif ? Plus Gaius avance, plus il se voit menacer, plus il découvre que ceux dont il se croyait proche (même son esclave de longue date et ancien précepteur, Afer) en savent plus que lui.

Dans ce volume, le protagoniste prend de l’assurance, et finit par jouer les armes de ses adversaires pour pouvoir parvenir à ces vérités dont il ressent un besoin impérieux. Ses aventures nous mènent au coeur du cercle intime de l’empereur Néron, dans ces coulisses du pouvoir où les intérêts personnels et politiques s’entrecroisent. Laissez-vous guider au sein des locaux de la garde prétorienne, méfiez-vous des espions des uns et des autres, n’hésitez à vous rendre aux thermes d’Agrippa pour en savoir plus…

Si le dessin souffre sans doute ici et là de quelques faiblesses, le scénario de cette courte enquête en deux tomes est plutôt bien mené et ne manquera pas de susciter l’intérêt de nombre de lecteurs pour cette proposition originale de relecture du grand incendie de Rome.

 

Nous remercions l’éditeur de nous avoir fait parvenir ce second volume.

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A propos Thomas Frétard

Thomas Frétard
Enseignant de Lettres classiques dans l'académie d'Orléans-Tours. Doctorant rattaché au laboratoire CRISES (Centre de recherches interdisciplinaires en sciences humaines et sociales) de l'université Paul-Valéry Montpellier 3

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