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Les larmes de Rome – Le pouvoir de pleurer dans l’Antiquité

Essais & Anthologies
Date de sortie : 5 octobre 2017
Auteur : REY Sarah
Editeur : Anamosa
Nombre de pages : 256 p.

Présentation de l’éditeur

Qui n’a en tête les larmes d’Obama en 2016, à l’évocation d’une fusillade dans une école ? Un homme, puissant de surcroît, pouvait donc manifester son émotion en public ! Apparente nouveauté car l’expression lacrymale n’a pas toujours été associée à une forme de faiblesse. Dans la Rome antique, les larmes étaient même un adjuvant du politique, l’arme des orateurs et le moyen de se distinguer du vulgaire. Une originale plongée dans la société de conquérants impitoyables, mais sentimentaux !Aussi surprenant que cela puisse paraître, les larmes coulent en abondance chez les Romains. Les empereurs, le peuple, les sénateurs, les soldats pleurent. Débats publics, procès ou ambassades, tout est prétexte aux déversements d’émotions. Plus que les Grecs, déjà grands pleureurs, les Romains ont la larme facile. La variété du vocabulaire latin vient l’attester. Les verbes fleredeflerelacrimaredeplorarecomploraregemerelugerecomplangereplangerequeri, désignent tous l’action de pleurer, de se lamenter, parfois de manière bruyante et spectaculaire, gestes à l’appui : on se frappe la poitrine, on lacère ses vêtements, on griffe son visage, on se roule par terre. Les Romains s’épuisent à pleurer, leurs yeux s’y abîment. Souvent dépeints en conquérants impitoyables (ce qu’ils étaient), les Romains sont trop rarement montrés dans leurs moments de fragilité ou d’égarement. Les Romains construisent des routes, des ponts et des villes, ils bâtissent un Empire, mais ne s’abaissent pas à pleurer, pense-t-on. Leur mauvaise réputation de rudesse a jusque-là découragé toute enquête générale sur leurs larmes, là où les lamentations des héros grecs ont déjà fait couler beaucoup d’encre.
Dans cette histoire inversée de la force romaine, il faut accepter de ne pas s’y reconnaître, de perdre pied. Les comportements sociaux des Romains, souvent ponctués de larmes, nous dépaysent. Le parcours que propose ce livre est ainsi celui d’un paradoxe : saisir l’étrangeté de ces larmes d’hier si semblables aux nôtres, c’est aussi comprendre qu’elles n’ont pourtant rien de celles d’aujourd’hui.

A propos Marie-Cécile

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