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L’économie étrusque


ECONOMIE ETRUSQUE

par Jean-Claude Daumas, Historien – pour Latine Loquere

Sources : Dominique
BRIQUEL (1999) et Jean-Pierre THUILIER (2003) Pour la viticulture et
métallurgie ;; ;

La brillante civilisation étrusque
aurait été inconcevable sans une solide base économique qui assure
nourriture quotidienne et revenus tirés de ressources naturelles
abondantes que les habiles artisans étrusques ont su transformer en
productions de grande qualité : crus viticoles et oléicoles,
vaisselle en céramique ou en bronze, orfèvrerie, …

L´EXPLOITATION DU SOL

TERROIR :
polyculture très productive dans des champs bornés ( maîtrise de
l´arpentage) et sur des sols réputés pour leur fertilité
d´autant plus qu´ils sont drainés et irrigués.

CEREALES :
grenier à  blé, parfois pour la Grèce mais surtout pour Rome lors
de disettes au Vème siècle et pour l´expédition de Scipion
l´Africain à  Carthage en 205. De grands dolia ou pithoi
permettaient de stocker les récoltes.

HUILE
d´OLIVES
 : d´abord importée de Grèce, elle fut
rapidement produite sur place et exportée pour sa qualité :
c´est encore le cas au XXIème siècle, tout comme pour le vin.

VITICULTURE :
l´Etrurie actuelle (Toscane et nord du Latium) est toujours réputée
pour ses crus (Chianti). La viticulture, qui remonte à  la fin du
IIème millénaire (serpettes du Bronze final), s´est beaucoup
développée à  partir du VIIIème siècle : sélection des
plants, maîtrise de la fermentation. Dès le VIIème siècle, les
Etrusques exportent leurs vins “ les plus réputés étant ceux de
Tarquinia et de Vulci “ d´abord en Gaule (ils ont appris aux
Celtes à  aimer le vin …), et parfois même en Grèce. Eux-mêmes “
du moins l´aristocratie “ consomment à  la grecque au cours des
symposion (banquets) des vins qu´ils préfèrent épicés
(mortiers pour piler les aromates) à  l´aide de « services à
boire » de type grec : amphores de transport, cratère
pour mélanger eau et vin, oenochoé et canthares pour servir, coupes
pour boire.

LIN et
CHANVRE
 : les toiles de lin pour robes, voiles, … ont
participé à  la fortune de Tarquinia ; le chanvre assure la
fabrication de cordages de navires et de filets pour la pêche en
rivière et en mer.

FORÊTS :
bois pour charpentes, coques de navires, fours métallurgiques ;
chasse au sangier étrusque (tuscus aper).

SEL :
Véies et Rome ont longtemps lutté pour le contrôle des salines de
l´embouchure du Tibre.

LA METALLURGIE

Le sous-sol
d´Etrurie – outre de l´albâtre (vases, sarcophages) vers
Volterra – recèle dans 5 ou 6 secteurs différents minerais
métalliques, richesse convoitée par les Grecs qui s´implantèrent
en Campanie, à  Pithécusses (vers 775) et à  Cumes (vers750). Les
Etrusques, suffisamment puissants pour empêcher toute installation
grecque sur leur territoire, ont alors activement commercé avec eux,
échangeant minerais et produits métallurgiques contre des vases
grecs et autres produits de luxe orientaux. Ces échanges ont
considérablement enrichi les familles aristocratiques étrusques,
comme le montre l´abondant mobilier de grande qualité déposé
dans leurs tombeaux.

Un peu d´étain, du plomb et de
l´argent, surtout du cuivre et encore plus du fer (en particulier
celui de l´île d´Elbe) sont la base d´une active métallurgie
de transformation.

CUIVRE : à  Accessa, à  1
km d´une mine, le soufre des pyrites était évacué dans des fours
en tronc de cône de 1,50 m de diamètre, ouverts vers le haut, le
charbon de bois (moitié inférieure) étant séparé du minerai
(moitié supérieure) par une plaque trouée. D´autres fours
circulaires permettaient ensuite d´obtenir le métal pur par une
« cuisson » du minerai à  1 060°.

FER : le minerai abondant
et de qualité (hématite à  teneur de 60-65%) de l´île d´Elbe –
les ressources en bois de l´île ayant été rapidement épuisées
“ est traité « en face » à  Populonia qui devient la
capitale de la métallurgie étrusque au VIème siècle. La arrive le
minerai de fer, transporté par bateaux sur 10 km, et les chariots le
bois venant des forêts de l´Etrurie intérieure. Il fallait en
effet beaucoup de charbon de bois pour réduire le minerai pour un
rendement en métal finalement médiocre (scories contenant
encore 50% de fer) dans des petits fours de 1,50m de haut, à  demi
enterrés, permettant d´atteindre 1 200° : pour obtenir 100
gr de fer pur, il fallait 1 kg de minerai et 2 kg de charbon de bois.
Les collines de scories laissées par les Etrusques furent d´ailleurs
réutilisées en 1914-1918, déblayant ainsi le terrain pour les
archéologues …

L´ETAIN : insuffisamment
produit en Etrurie, il était importé de Cornouailles par la Gaule
pour alimenter l´importante métallurgie du bronze de cités comme
Chiusi, Vulci ou Volsinies.

Au total, les Etrusques ont produit
des quantités d´objets de première nécessité (outillage
agricole, armes en fer ou en bronze) ou à  haute valeur ajoutée
(vases, vaisselle, miroirs, statues et statuettes en bronze)
largement exportés.

Les traces de mines étrusques sont
rares dans la mesure où l´exploitation ultérieure de ces
gisements les a fait disparaître. Cependant, des excavations sont
encore visible sur l´île d´Elbe où on trouve aussi des pics,
masses, marteaux et leviers. A Populonia et Marzabotto on a retrouvé
des quartiers industriels et de l´outillage (grandes pinces,
moules).

LE GRAND COMMERCE

Voir fiche sur « Les Etrusques
et la mer ».














A propos Robert Delord

Robert Delord
Enseignant Lettres Classiques (Acad. Grenoble) Auteur - Conférencier : Antiquité et culture populaire Formateur (LCA / Lettres / Image / EMI / Pédagogie de projets / TICE et utilisation raisonnée du numérique / - Président de l'association et administrateur du site "Arrête ton char !" - Membre du comité d’organisation du Festival Européen Latin Grec

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