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L’Acropole d’Athènes, cadre naturel et historique

L´ACROPOLE, Cadre naturel et historique
Jean-Claude Daumas pour Latine Loquere

 Symbole de la puissance d´Athènes lors du « Siècle de Périclès », et plus encore peut-être du rayonnement de la culture grecque classique, l´Acropole (= celle d´Athènes, comme Urbs = Rome) a eu une histoire haute en couleurs jusqu´à  nos jours où elle est un des lieux les plus visités au monde.

Sources consultées :
ARCHEO (1986) “ Editions Atlas, tome 4, p. 168-189, tome 5, p.1-16.
DUTRAIT Liliane (1979) “ « l´Acropole d´Athènes », Initiation à  l´archéologie et à  la préhistoire, 3, p. 24-37. GEOFFROY Bérénice (1992) “ « Au gré de l´histoire », Archéologia, n° 280, p. 18-25.
GOZARD Michèle, LARDET Dominique, ROUX Mireille (2001-2002) “ 2 fiches Thalassa.
HELLMANN Marie-Christine (2007) “ L´architecture grecque, le Livre de Poche, p. 37-39, 116-122. HOLTZMANN Bernard (1989) “ « Acropole d´Athènes », Universalis, 1, p.216-220.
HOLTZMANN Bernard (1995) “ « Le moment classique (450-430) : le creuset de l´Acropole », l´art de l´Antiquité, I, p., 248-261.
HOLTZMANN Bernard (2008) “ Conférence sur l´Acropole (16 mai à  Die) ; cadre : Amis des Arts et du Musée. HOLTZMANN Bernard (2010) “ « Le Parthénon entre tradition et exception », Dossiers d´archéologie, n° 342. MAFFRE Jean-Jacques (2000) “ L´art grec, Que sais-je ?, p. 83-85, 93.
MARTIN Roland (1989) “ « Phidias », Universalis, 18, p. 36-38.
MARTIN Roland (1994) “ L´art grec, le Livre de Poche, p. 285-298, 340-349.

I. LE SITE NATUREL
L´Acropole correspond à  une des buttes rocheuses (avec Aréopage, Muses, Nymphes, …) qui parsèment le
secteur de l´Attique où s´est implantée Athènes, espace limité au nord par les monts Hymette, Parnès, Pentélique et, au sud, par la mer Egée (port du Pirée à  5km d´Athènes).
L´Acropole est une colline qui culmine à  156 m d´altitude, dominant de 80 m environ sa périphérie ; son sommet plat s´étends sur 300 m en longueur et 150 m de largeur maximale, soit une superficie de 2,7 ha à  l´origine, portée à  2,9 ha suite aux nombreux terrassements qui ont nivelé et agrandi sa surface. La roche naturelle non taillée affleure sur moins de 10 % de la surface du plateau.
Un seul accès réel : le plan incliné à  l´ouest, car partout ailleurs l´Acropole est entourée de hautes falaises pratiquement verticales.

II. LA LEGENDE

C´est sur le plateau de l´Acropole qu´eût lieu la fameuse dispute entre Athéna et Poséidon, arbitrée par
Cécrops, roi légendaire d´Athènes. Poséidon frappa le rocher de son trident et fit jaillir une source (forcément) salée ; Athéna frappa à  son tour le roc et fit surgir un olivier. Cécrops choisit Athéna, estimant que l´olivier “ arbre fruitier jusque là  inconnu des Athéniens “ serait plus utile à  ses sujets.
Athéna devint ainsi la divinité protectrice de la cité (= divinité poliade ; polis = cité) qui prit son nom : « Athènes » et désormais l´honora particulièrement : temples, Panathénées, …

III. UNE HISTOIRE MOUVEMENTEE
– Traces néolithiques liées aux sources et aux grottes en pied de falaises.
– Vers 1400 : installation des Mycéniens qui construisent palais, lieux de culte et une muraille de 3-4 m d´épaisseur ceinturant la plateforme.
– Vers 1250-1200 : les Mycéniens ajoutent une enceinte basse (dans la plaine entourant l´Acropole) en gros blocs irréguliers, haute de 10 m, épaisse de 4 à  6 m, percée de 9 portes. La légende indique que pour cette construction, Athéna a demandé l´aide des Cyclopes et des Géants.

– VII°-VI° siècles : l´Acropole n´est plus la résidence des dirigeants de la cité (sauf pendant l´intermède des Pisistratides au milieu du VI° siècle), mais elle garde son rôle religieux avec des constructions (faisant toujours l´objet de controverses archéologiques) :
-Fin VII° siècle : le « vieux temple d´Athéna » (43 x 21 m) entre les actuels Erechthéion et Parthénon.
-Début VI° siècle : un autre temple (sous le Parthénon) appelé « Hécatompédon » (= 100 pieds attiques), en calcaire avec 6 x 12 colonnes ?
-Fin VI° siècle : aménagement d´une rampe d´accès à  l´ouest pour faciliter la procession des Panathénées, conduisant à  un portique en marbre (13×17 m) : lePropylon (premiers Propylées) ; important programme sculpté dans le marbre pour embellir les édifices existants, dont une série de Coraï (cachées en 480, découvertes en 1886). – 490 : Démolition de l´Hécatompédon pour le remplacer par un « Pré-Parthénon » tout en marbre, un 6×16 colonnes beaucoup plus vaste (67 x 23,5 m), sans doute pour remercier Athéna d´avoir permis aux Athéniens de vaincre les Perses à  Marathon (490).
– 480 : les Perses détruisent l´Acropole, donc le Pré-Parthénon en construction, avant d´être vaincus à  Salamine.
– 479 : « serment de Platées » = garder telles quelles les destructions perses (rappel du danger encouru). Ce qui n´a pas empêché :
– Thémistocle de faire déblayer l´Acropole (les matériaux récupérés ont servi à  construire un rempart- plateforme au nord et au nord-ouest) et niveler le, terrain.
– Cimon, à  partir de 468, de faire élever un nouveau rempart-plateforme au sud et à  l´est, haut de 18 m, large de 7,50 m à  sa base (superficie de l´Acropole portée à  29 000 m2) et une statue colossale d´Athéna Promachos, œuvre de Phidias. Arrêt des travaux en 461, Cimon ayant été « ostracisé ».
447-432 : construction du Parthénon.
438-434 : construction des Propylées.
435-408 : construction de l´Erechthéion.
424-418 : construction d´Athéna Niké.
– Les Romains n´ajoutent sur l´Acropole que le tholos à  9 colonnes ioniques du temple de Rome et d´Auguste, l´escalier d´accès aux Propylées et le piédestal du « monument d´Agrippa ».
– Moyen Âge et Temps Modernes : le Parthénon devient une église byzantine dès le VI° siècle (cathédrale ND d´Athènes au XIII° siècle !) puis une mosquée au XV° siècle (domination turque) ; en 1687, devenu une poudrière, il saute lors du siège d´Athènes par les Vénitiens ; en 1802, lord Elgin envoie à  Londres (British Muséum) l´essentiel du restant de son décor sculpté ; en 1825, lors de la guerre d´indépendance de la Grèce, quelques boulets le frappent. Les Propylées, devenus une résidence seigneuriale, furent frappés par la foudre au XVII° siècle ; l´Erechthtéion devint une église puis un harem ; enfin Athéna Niké fut partiellement détruit par les Turcs en 1687.
– Depuis 1833 : fouilles véritables et restaurations (Athéna Niké reconstruit en 1834-1838, 1935-1940, 2000).
– 1977 : début d´une campagne internationale d´envergure pour des travaux de sauvegarde et de restauration, suite aux missions (1969, 1971, 1975) de l´UNESCO.
– 1987 : Acropole inscrite au Patrimoine mondial de l´Humanité (UNESCO) : c´était la moindre des choses …
– Dangers toujours présents : pollution atmosphérique (au cœur d´une mégapole) et passage de millions de touristes chaque année (cf. Pompéi) …


FICHE – L’Acropole d’Athènes, cadre naturel et historique – Jean-Claude Daumas pour Latine Loquere

A propos Robert Delord

Robert Delord
Enseignant Lettres Classiques (Acad. Grenoble) Auteur - Conférencier : Antiquité et culture populaire Formateur (LCA / Lettres / Image / EMI / Pédagogie de projets / TICE et utilisation raisonnée du numérique / - Président de l'association et administrateur du site "Arrête ton char !" - Membre du comité d’organisation du Festival Européen Latin Grec

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