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Le Parthénon – I- L´architecture

Le Parthénon – I- L´architecture
Jean-Claude Daumas pour Latine Loquere

Symbole par excellence de l´apogée de la civilisation grecque incarnée alors par l´Athènes de Périclès, c´est le plus équilibré, le plus harmonieux, le plus célèbre des édifices doriques : un sommet de l´art grec ?
L´architecte ICTINOS a dû faire des compromis, soumis qu´il était à  diverses contraintes :
– exigences de Périclès : construire un bâtiment grandiose à  la gloire d´Athènes, symbolisant la puissance d´une cité 2 fois victorieuse des Perses et qui dirige la Ligue de Délos. Il s´agit aussi de donner du travail à  une main d´œuvre libérée par la conclusion de la paix avec les Perses (449).
– exigences de Phidias : mettre en valeur sa statue géante d´Athéna Parthénos et ses décors sculptés à  valeur religieuse et politique.
– exigences liées aux travaux précédents = réutiliser :
1) la plateforme en pôros (pierre tendre), réaménagée par Cimon dans les années 460, haute de 10 m à  son angle sud-est (22 assises) et qui entaille le rocher au nord-est.
2) les restes du Pré-Parthénon en marbre du Pentélique, au plan très allongé (23,5 x 67 m ; 6 x 16 colonnes), essentiellement les tambours de la partie inférieure des colonnes.

I. SOUBASSEMENT et COLONNADE
Crépis à  3 degrés de 0,55 m de chacun (donc trop hauts pour servir de marches : accès par un escalier
au centre de la façade Est, avec des marches 2 fois moins hautes) au-dessus du stéréobate en pôros, élargi vers le nord, seul côté possible (bord du plateau au sud), pour loger un édifice plus large de 7 m et plus long de 3 m que le Pré-Parthénon. Stylobate de 31 x 69,5 m supportant une péristasis inédite de 8 x 17 colonnes doriques ; soit 46 colonnes (50 “ 4), ce qui correspond à  la formule classique 1 x 2 + 1 (donc 8 x 16 + 1).

II. PLAN INTERNE
Celui du Pré-Parthénon a été conservé : sécos (espace entre les murs internes) très large (19 m = 5/7
des 31 m de largeur du stylobate) sur un soubassement à  2 degrés, divisé en 2 salles non communicantes.
-1) un naos à  nef centrale exceptionnellement large (11 m = portée encore jamais atteinte) pour mettre
en valeur l´immense (12 m de haut) statue d´Athéna Parthénos. Cette véritable nef centrale est délimitée par une colonnade dorique à  2 niveaux qui court sur 3 côtés : 10 colonnes latérales et 3 en fond de naos = 46 colonnes, les 23 du 1er niveau supportant les 23 du second niveau. Cette colonnade continue forme un véritable écrin autour de la statue colossale d´Athéna et réduit à  un simple déambulatoire l´espace qui la sépare des murs du naos. La large ouverture de la porte d´entrée (9,75 x 4,20 m) éclaire l´espace central du naos, les 2 fenêtres de part et d´autre de la porte éclairant les étroites nefs latérales.
-2) une salle postérieure carrée dont le plafond est soutenu par 4 colonnes ioniques très élancées (hauteur des 2 colonnades superposées du naos) : c´est l´oikostôn parthenôn = « naissance des Vierges », lieu de réunion des jeunes filles chargées du service religieux d´Athéna, mais aussi salle pour abriter des
« trésors ».
-3) l´importance de ces 2 salles réduit le pronaos à  l´est et l´opisthodome à  l´ouest à  d´étroits vestibules précédés de 6 colonnes doriques.

III. AUTRES PARTICULARITES
 Le Parthénon compte donc 4 colonnes ioniques pour 104 doriques (46 de la péristasis, 12 du pronaos + opisthodome, 46 (23 + 23 et 2 fois moins hautes) du naos) et beaucoup d´autres particularités qui en font un édifice exceptionnel, donc peu « classique ».
 Tout en marbre, tiré des meilleures veines des carrières du mont Pentélique à  12 km de là . Son toit, couvert de 8 480 tuiles plates de 50 kg chacune (425 tonnes !), est extrêmement lourd, d´où l´assemblage soigné des blocs entre eux : scellements horizontaux par des crampons (fer noyé dans du plomb) en forme de T ; scellements verticaux par goujons au centre des tambours de colonnes et des blocs d´assise des murs.
Correction des effets d´optique : ils sont tous présents, ce qui n´est pas le cas des autres temples.
-1) Bombement du soubassement et de l´architrave : 12 cm au centre des 2 longs côtés ; 6,5 cm en façade.
-2) Colonnes légèrement inclinées vers l´intérieur : elles se rejoindraient quelques km plus haut.
-3) Les 4 colonnes d´angles sont plus épaisses de 4 cm et leur inclinaison (en diagonale) est plus importante (10 cm) pour mieux résister à  la double poussée.
-4) Colonnes renflées (entasis de 1,75 cm) aux 2/5 de leur hauteur.
Principale conséquence de ces « raffinements » : chaque bloc doit être taillé sur mesure (pas de blocs interchangeables) avec une précision au mm, grâce à  un outillage et des artisans très spécialisés.
 Colonnade extérieure très serrée (rapport diamètre inférieur des fûts/entraxe de 1/2,25 seulement) avec des colonnes de 10 ou 11 tambours, 20 cannelures, hautes (avec le chapiteau) de 10,43 m pour un diamètre à  la base de 1,90 m (rapport 5,5 = fût assez élancé : 4,7 au temple contemporain de Zeus à  Olympie).
 Entablement relativement léger : architrave et frise d´égales hauteurs (1,35 m) ; les blocs de l´architrave (4,15 à  4,65 m de long) étant les plus imposants de tout l´édifice.
 Des modules ? Le rapport arithmétique le plus certain est 4/9 = largeur/longueur du stylobate (31/69,5), hauteur/largeur des façades (13,7/31), diamètre de base des colonnes/entrecolonnement.

Un faux temple ?
Le Parthénon n´a jamais abrité la statue de culte d´Athéna (elle l´était dans le « vieux temple » puis dans l´Erechthéion) et il n´y a pas d´autel devant sa façade Est. En réalité, le Parthénon est un « trésor » de grande envergure qui abrite la statue colossale d´Athéna (peut-être le principal motif de sa construction) et, dans la salle du fond, les offrandes précieuses qui lui sont faites, le trésor d´Athènes et celui de la Ligue de Délos, transféré à  Athènes en 454 et dans lequel Périclès a quelque peu puisé …
Par ses dimensions, son organisation interne, la perfection de sa réalisation, la masse de ses décors sculptés (92 métopes sur 92, 12 sur 80 au temple de Zeus à  Olympie), le tout en si peu de temps (15 ans), le Parthénon peut être considéré comme l´incontestable chef d´œuvre de l´architecture grecque.

FICHE – L’Acropole, architecture – Jean-Claude Daumas pour Latine Loquere





A propos Robert Delord

Robert Delord
Enseignant Lettres Classiques (Acad. Grenoble) Auteur - Conférencier : Antiquité et culture populaire Formateur (LCA / Lettres / Image / EMI / Pédagogie de projets / TICE et utilisation raisonnée du numérique / - Président de l'association et administrateur du site "Arrête ton char !" - Membre du comité d’organisation du Festival Européen Latin Grec

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