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Le temple grec

LE TEMPLE GREC
Jean-Claude Daumas pour Latine Loquere

C´est par excellence le monument emblématique de la Grèce ancienne : le Parthénon sur l´Acropole d´Athènes est le plus célèbre.

I. GENERALITES

 1°) UN MONUMENT POUR ABRITER LA STATUE D´UNE DIVINITE
– Il est consacré à  un dieu ou à  une déesse dont la statue occupe le centre du temple.

 2°) PAS UN LIEU D´ACCUEIL POUR FIDELES ET CEREMONIES
– L´autel du culte est à  l´extérieur du temple mais encore à  l´intérieur du temenos [enceinte sacrée] et dans l´axe du temple pour que la divinité ( sa statue …) puisse voir la cérémonie. Le(s) prêtre(s) sacrifie(nt) des animaux ( cochons, moutons ou/et bœufs) : une partie de la viande est grillée, la fumée qui s´en dégage monte vers le ciel [demeure des divinités] facilement puisqu´on est hors du momument.

 3°) UN MONUMENT CONCU POUR ÊTRE VU DE L´EXTERIEUR PAR ….
 a- Sa MASSIVITE ostentatoire destinée à  montrer la puissance de la divinité sans oublier celle de la cité qui fait construire le temple.
 b- La CORRECTION des EFFETS d´OPTIQUE :
 Colonnes proches les unes des autres = impression de puissance.
 Colonnes d´angles grossies [étant en pleine lumière, elles paraissent amincies].
 Colonnes renflées au centre et inclinées vers l´intérieur : pour paraître verticales.
 Colonnes cannelées pour souligner la verticalité et accuser leur relief (jeu d´ombre et de lumière).
 – Colonnes plus espacées au centre de la colonnade.
 – Stylobate et entablement [= lignes horizontales] légèrement bombés

 c- La PEINTURE qui SOULIGNE les STRUCTURES / DECORS
Uniquement au-dessus des chapiteaux = parties les plus éloignées de l´œil humain, d´autant que la surface blanche du calcaire/marbre est éblouissante sous le soleil méditerranéen.
 Bleu = articulations verticales, dont les triglyphes.
 Rouge = articulations horizontales
 + jaune et noir = une véritable polychromie de couleurs vives.

 CONCLUSION : UN ENSEMBLE HARMONIEUX
Des dimensions moins écrasantes que celles des monuments égyptiens = des proportions plus « humaines » à  l´image de la mentalité grecque.
Un véritable jeu d´ombre et de lumière (clair-obscur) suggéré par des colonnes blanches séparées par des espaces sombres.
Des éléments géométriques simples, facilement « lisibles ».
Se dégage de tout cela puissance, force, majesté mais aussi sobriété, pureté, harmonie.

II. PLANS

En dehors de quelques temples circulaires (tholos), ce sont des édifices rectangulaires orientés ouest-est : entrée à  l´est, au soleil levant = jour/vie. (la divinité ne doit pas voir le couchant = nuit/mort).

 Ordonnance d´un temple classique (commun) :

 1°) COLONNADE (péristyle) sur les 4 côtés ; elle soutient un toit à  double pente qui protège des intempéries les murs internes du temple “ parfois en brique : on pourrait dire qu´un portique entoure la partie centrale du monument. Qualificatifs « savants » : temple périptère [péri = autour) en général hexastyle [6 colonnes (= stulos en grec) sur les petits côtés ; 4 colonnes = tétrastyle ; 8 colonnes = octostyle]. Avec un nombre pair de colonnes, le centre de la façade correspond à  un vide (entrecolonnement), ce qui permet à  la statue de la divinté de « voir » facilement l´autel aux sacrifices. Les grands côtés ont au moins le double de colonnes : l´idéal pour les Grecs c´est la formule 2n + 1 , soit 13 colonnes pour un temple hexastyle. En réalité, ce nombre est variable : pour les 17 temples hexastyles de Sicile : 6 avec 14 colonnes, 5 avec13, 3 avec 17, 2 avec 15 et 1 avec 16.

 2°) BÂTIMENT INTERNE divisé en 3 ensembles :
PRONAOS = vestibule d´entrée, flanqué ou non d´une colonnade.
NAOS (naiein en grec = habiter) ou « maison de la divinité » abritant sa statue : c´est le « saint des saints », au centre géométrique du temenos [aire sacrée délimitée par le péribole]. Le naos peut être divisé en 3 parties par des colonnes : la statue se trouve alors dans la nef centrale qui est la plus vaste.
OPISTHODOME à  l´arrière [opisthen = derrière ; domos = maison] : salle séparée du naos par un mur et destinée à  abriter le « trésor » = offrandes les plus précieuses.

III. ELEVATION : LES ORDRES ARCHITECTURAUX

ORDRE : combinaison de 3 éléments superposés : base “ soutènement “ couronnement dont la stabilité est assurée par leur poids. Le temple est en quelque sorte un intermédiaire entre le sol (espace des humains) où il s´ancre solidement et le ciel (domaine des dieux et déesses).
BASE ou sous-bassement : CREPIS (stéréobate) de 3 ou 4 marches (degrés) ; la plus haute (STYLOBATE) supporte les colonnes et les murs internes.
SOUTENEMENT : COLONNES (fût en plusieurs TAMBOURS non cimentés) solidarisées à  leur sommet par l´architrave. CHAPITEAU = intermédiaire entre la colonne (circulaire) et l´architrave (rectiligne)
COURONNEMENT = entablement formé d´une ARCHITRAVE (épistyle) lisse surmonté d´une FRISE décorée, puis CORNICHE sur les grands côtés et FRONTON triangulaire sur les petits (avec TYMPANsculpté ou non) qui supporte le toit à  double pente, parfois décoré d´ACROTERES aux 4 angles.

 1°) L´ORDRE DORIQUE

C´est le plus ancien, né au VII° siècle avant J.-C. même s´il est pour l´essentiel contemporain de l´ionique. Leur différence est essentiellement géographique : dorique = Péloponèse (sud de la Grèce) et Grande Grèce (Italie méridionale et Sicile) ; ionique = reste de la Grèce et Asie mineure (Ionie).
Il est cractérisé par sa rigueur géométrique : simplicité, sobriété, force massive et austère ; pour l´architecte romain Vitruve, c´est un ordre « mâle » face à  la grâce « féminine » de l´ionique …

 EVOLUTION
Au VI° siècle (dorique ancien) : plan très allongé (3/1) ; hauteur de l´entablement = 1/2 colonne ; haureur du fût de la colonne = 4 fois le diamètre de sa base.
Au V° siècle (dorique récent) : plan moins allongé (2/1) ; entablement : 1/3 de colonne ; hauteur du fût : 5 à  6 diamètres de base. Dimensions moyennes, proportions plus équilibrées et harmonie de l´ensemble des éléments architecturaux : c´est l´apogée du dorique.

 SOCLE : crépis à  3 degrés

 COLONNES reposant directement sur le stylobate ; assez trapues (fût légèrement tronconique et massif au VI° siècle, qui s´affine au V°), striées de 20 cannelures larges verticales à  arêtes vives/aigà¼es. Diamètre décroissant du bas vers le haut (plus rapidement dans le tiers supérieur).

 CHAPITEAU géométrique simple en 2 parties : une ECHINE circulaire (echinos = cuvette) évasée à  profil courbe (VI° siècle) puis rectiligne (V° siècle) surmontée d´un ABAQUE ou tailloir = dalle carrée et lisse.

 ENTABLEMENT en 3 parties :
ARCHITRAVE = linteau ou chaînage « solidifiant » la colonnade.
FRISE = alternance de METOPES (espace quadrangulaire apte à  recevoir un décor : terre cuite peinte puis pierre sculptée) et de TRIGLYPHES ( à  la verticale des colonnes et de l´espace entre 2 colonnes). Triglyphes = 3 bandes plates verticales mises en relief par 2 cannelures au centre et 2 demi-cannelures sur les bords. Au-dessus et au-dessous de la frise : réglets d´où pendent 6 gouttes.
CORNICHE = bande horizontale lisse (geison) surmontant la frise, plus sur les 2 petits côtés, 2 bandes obliques lisses (surmontées d´une autre ou SIMA) formant FRONTON et encadrant le TYMPAN central sculpté. ACROTERE (sculpture décorative à  motif végétal, animal ou humain) aux angles du toit.

 2°) L´ORDRE IONIQUE

Créé en Ionie (littoral ouest de la Turquie actuelle), il gagne au VI° siècle la Gréce. Il a subi des influences orientales : c´est un ordre élégant, luxueux par sa richesse décorative, « léger » par rapport au dorique ; ordre « féminin » pour Vitruve.

 COLONNES qui reposent sur une BASE circulaire, ornée de moulures (pile de disques), assise sur une plinthe carrée [base attique = 2 tores séparés par une cannelure]. Leur FÛT, qui s´amincit régulièrement vers le haut, est plus fin, élancé, « svelte » : sa hauteur correspond à  8 – 12 diamètres de base. Il est strié de CANNELURES plus nombreuses (24), plus étroites et profondes, séparées par de fins méplats (arêtes plates).

 CHAPITEAUX à  VOLUTES : l´échine, ornée d´oves, supporte un coussinet plat dont les 2 extrémités débordantes s´enroulent en volutes ; un mince abaque orné d´oves surmonte l´ensemble. Le profil de ce chapiteau est différent selon les côtés : cela pose probléme pour les 4 colonnes d´angles (d´où des volutes à  45 °).

 ARCHITRAVE à  (2) 3 bandeaux horizontaux lisses, superposés en léger surplomb et terminés par un listel (sima)

 FRISE continue décorée (zoophoron) ; exemple : la procession des Panathénées au Parthénon interne.

 GEISON orné de listels.

 3°) L´ORDRE CORINTHIEN

Créé au V° siècle, utilisé essentiellement lors de la période hellénistique (à  partir du IV° siècle) et par les Romains, il ne diffère de l´ionique que par la richesse baroque de son chapiteau.

 CHAPITEAU = un noyau cylindrique entouré par 2 couronnes de 8 feuilles d´acanthes (très festonnées). De la couronne supérieure émergent des volutes/crosses qui s´enroulent 2 par 2 sous les angles d´un abaque mince et à  côtés concaves.

FICHE : Le temple grec – Jean-Claude Daumas pour Latine Loquere

A propos Robert Delord

Robert Delord
Enseignant Lettres Classiques (Acad. Grenoble) Auteur - Conférencier : Antiquité et culture populaire Formateur (LCA / Lettres / Image / EMI / Pédagogie de projets / TICE et utilisation raisonnée du numérique / - Président de l'association et administrateur du site "Arrête ton char !" - Membre du comité d’organisation du Festival Européen Latin Grec

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