Par Laurent Caillot et Charmiane Frey
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Sources : sites internet de la Ville de Meaux et du Lycée Jean Vilar
A l’invitation d’Augustin d’Humières, nous nous sommes rendus le 18 décembre 2025 au lycée Jean Vilar de Meaux (Seine-et-Marne) pour une rencontre originale avec ses élèves de grec ancien, et pour une partie également de latin, consacrée à l’apprentissage et à la pratique du grec ancien.
Le Lycée d’enseignement secondaire général et technologique Jean Vilar, qui accueille près de 1400 élèves, déploie une riche offre éducative :
– pour la voie secondaire générale : 12 enseignements de spécialité en Première et en Terminale, dont 3 rares : Arts Musique ; Littérature, Langues et Cultures de l’Antiquité (LLCA) Grec ; LLCA Latin ;
– pour la voie secondaire technologique : la série Sciences et Technologies de la Santé et du Social (ST2S) et la série Sciences et Technologies du Management et de la Gestion (STMG, avec trois spécialités : Gestion Finance ; Mercatique ; Ressources humaines et Communication) ;
– trois cursus d’enseignement supérieur : une classe préparatoire littéraire aux grandes écoles (hypokhâgne et khâgne), un BTS Management commercial opérationnel et un BTS Commerce international ;
– des partenariats avec les grandes écoles les plus prestigieuses : une convention d’éducation prioritaire avec Sciences Po Paris pour l’entrée dans cette école et un programme TALENS de tutorat avec l’ENS, École normale supérieure d’Ulm.
Nous allons poursuivre cette recension au présent de narration, selon la coutume française et grecque afin de rendre notre récit plus vivant.
Source : diaporama présentant l’Association Mêtis |
À la fois diplômé de Sciences Po Paris et Professeur agrégé de lettres classiques, Augustin d’Humières enseigne le latin et le grec ancien au Lycée Jean Vilar de Meaux depuis près de 30 ans.
Il nous offre l’honneur de nous exprimer et d’échanger avec ses 23 élèves de grec ancien en Première et Terminale, en présence d’une ancienne élève qui poursuit brillamment son parcours en 4ème année à Sciences Po Paris et qui est revenue conseiller les élèves sur leur orientation. |

Source : photo personnelle. De gauche à droite, Laurent Caillot, Charmiane Frey et Augustin D’Humières
Cette rencontre-débat de deux heures, pour laquelle chaque élève a reçu de notre part un support d’intervention au format A3 pliable et en couleurs, se déroule en quatre temps, puis nous visitons l’association Mêtis (jeunesse et d’éducation populaire) fondée en 2003 par Augustin d’Humières.
1er temps : présentation des deux intervenants amateurs de grec ancien et d’histoire antique

Charmiane Frey (77 ans), ancienne professionnelle de santé (infirmière à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris), a appris depuis une dizaine d’années le grec ancien à l’Association Philotechnique à Paris avec la méthode Ἕρμαιον de Jean-Victor Vernhes, qui sera présentée peu après aux élèves. Elle se passionne également pour l’histoire et l’archéologie antiques et suit plusieurs conférences, en tant qu’auditrice libre, à l’École Pratique des Hautes Etudes (EPHE), à Paris.
Laurent Caillot (53 ans), haut fonctionnaire en exercice (inspecteur général des affaires sociales), avait étudié le grec ancien au lycée ; il a réappris depuis 2022 cette langue avec la méthode Ἕρμαιον et l’appui d’une correctrice bénévole de l’association Connaissance hellénique fondée par Jean-Victor Vernhes, puis à l’Association Philotechnique. Il a raconté son réapprentissage dans une série d’articles publiés sur le site d’Arrête ton char.
Nous nous sommes tous deux formés ces dernières années largement en autodidactes, tout en bénéficiant d’enseignements associatifs, dans un cadre non académique.

L’Association Philotechnique, fondée en 1848 et reconnue d’utilité publique, est une institution d’éducation permanente dispensant dans le quartier latin un enseignement général pour adultes dans tous les domaines (sciences, lettres et langues, arts…). Cette offre est proposée à des conditions abordables (autour de 50 à 60€ par an et par cours) grâce à la générosité d’intervenants bénévoles et dans un esprit ouvert et amical. Les élèves de l’Association Philotechnique, de tout âge, viennent pour certains de la (grande) banlieue parisienne.
L’École Pratique des Hautes Etudes (EPHE), rattachée à l’Université Paris Sciences et Lettres (PSL), dispense un enseignement de haut niveau, principalement en sciences historiques et philologiques, ouvert à des auditeurs libres de tout âge, sans condition de diplôme et moyennant des frais d’inscription réduits (150€ par an pour un nombre illimité de conférences).
L’association Connaissance hellénique et son service gratuit d’initiation au grec ancien sont présentés infra.
Les élèves se montrent particulièrement intéressés par la présentation de ces possibilités tout au long de la vie. Nous avons à cœur de leur exprimer que le grec ancien peut devenir un centre d’intérêt voire une passion à tout âge et qu’il est précieux de pouvoir étudier jeune la langue, la littérature et la civilisation grecques.
2ème temps : hommage à Jean-Victor Vernhes (1937-2025), helléniste de talent et de cœur, inlassable pédagogue engagé pour la démocratisation du grec ancien
Nous tenions, pour plusieurs raisons, à entamer le cœur de la séance par un évocation d’un grand pédagogue du grec ancien, qui selon nous partage de nombreux points communs avec Augustin d’Humières.
Sources : Connaissance hellénique (photo de Jean-Victor Vernhes) et site internet d’Ophrys |
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Breton d’origine, provençal d’adoption, Jean-Victor Vernhes tomba jeune sous le charme du grec ancien, qui ne le quitta plus et qu’il s’attacha à promouvoir et démocratiser, parallèlement à son activité de maître de conférences en linguistique grecque à l’Université d’Aix-Marseille. Il y enseigna de 1965 à 2002 après avoir suivi des études de lettres classiques à la Sorbonne et été reçu 1er à l’agrégation de grammaire en 1962. Il nous a malheureusement quittés en avril 2025, à l’âge de 87 ans, dans sa maison de Puyricard près d’Aix-en-Provence.
Nous insistons sur l’œuvre théorique et pratique de Jean-Victor Vernhes, tout à fait remarquable, à plusieurs titres.
Nous présentons tout d’abord aux élèves son manuel Ἕρμαιον (Hermaion) – Initiation au grec ancien, conçu au départ pour des autodidactes, mis au point à partir de 1962 en s’appuyant sur des cours donnés. Ce manuel est publié depuis 1972 chez Ophrys, une maison d’édition alors située à Gap alors que les grands éditeurs boudaient alors cette initiative peu académique. Nous faisons circuler dans la classe ce manuel, rarement utilisé dans l’enseignement secondaire et à ce titre peu ou pas connu des élèves, et ses Corrigés partiels des exercices, publiés aussi chez Ophrys.
Hermaion est une méthode complète, en 27 leçons au départ puis augmentée en 35 étapes, riche de très nombreux exercices, d’une centaine d’extraits d’œuvres originales et d’un appendice grammatical et historique très fourni, en particulier sur la conjugaison des verbes.
Conçu à la marge du système, le manuel de Jean-Victor Vernhes est devenu l’un des manuels de référence francophones de grec ancien, notamment en classes préparatoires littéraires (hypokhâgne et khâgne) et dans de nombreuses universités ainsi que dans certaines classes de l’enseignement secondaire. Hermaion a même été traduit en anglais.
À juste titre, le nom ἕρμαιον désigne une bonne aubaine, une heureuse trouvaille mise sur notre chemin par Hermès, dieu des routes et de toutes les communications. Nous sommes reconnaissants à Jean-Victor Vernhes d’avoir conçu ce manuel pour les publics dépourvus d’un cadre scolaire ou universitaire. Hermaion est ainsi le manuel de référence à l’Association Philotechnique.
Universitaire réputé, Jean-Victor Vernhes ne s’est pas contenté d’enseigner le grec ancien et d’effectuer des recherches virtuoses en linguistique, littérature et civilisation, y compris dans une approche comparatiste avec d’autres langues (dont le lituanien). Il s’est aussi attaché à diffuser le grec ancien dans la population et c’est là son indéfectible singularité.
L’association Connaissance hellénique qu’il a fondée en 1977 propose depuis lors un service gratuit d’initiation au grec ancien par correspondance : pour tout public (des hôtesses de l’air, un cultivateur, des employés de banque, des artistes, un pilote de ligne, des retraités…). L’helléniste a raconté « L’expérience de Connaissance hellénique » dans cet article de 2017 ; il indiquait aussi en page d’accueil de Connaissance hellénique qu’en 2016, déjà plus de 12 000 apprenants de grec ancien ont eu recours à ce service depuis son lancement.
Jean-Victor Vernhes créa également en 1977 sa revue de culture grecque ὁ λύχνος (La lanterne), avec pour emblème Diogène, le philosophe cynique, qui parcourait le monde en plein jour à la recherche d’un homme, un vrai. Cette revue, dématérialisée en 2012, est toujours publiée avec trois numéros par an, contenant des analyses précieuses, accessibles au plus grand nombre ou destinées aux spécialistes.
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Sources : La Vie des Classiques et Éditions L’Autre Regard
Nous signalons aux élèves l’interview émouvante de Jean-Victor Vernhes en 2022 par La Vie des Classiques (le label pédagogique des Belles Lettres, à l’instigation de Florence Deville-Patte, professeure agrégée de lettres classiques à Marseille, auteure, illustratrice et artiste plasticienne, membre de Connaissance hellénique et amie de longue date de l’helléniste. Cela nous permet de présenter Florence Deville-Patte qui a notamment publié en 2020 La femme qui replantait des mots. Pour une étymologie vivante, aux Éditions L’Autre Regard, ouvrage de 24 chapitres que Jean-Victor Vernhes a honoré d’un entretien en postface. Nous faisons circuler cet essai parmi les élèves.
Ce 2ème temps de la rencontre se conclut par un moment que nous avons tenu à solenniser. À l’issue de la présentation du manuel Hermaion de Jean-Victor Vernhes, Laurent Caillot remet à Augustin d’Humières, pour l’association Mêtis que celui-ci a créée en 2003 (cf. infra), une quinzaine d’ouvrages ayant appartenu à Jean-Victor Vernhes, transmis par Florence Deville-Patte (grâce lui soit rendue !) après l’inventaire de la bibliothèque du célèbre helléniste, en présence de Pierre-Jean Vernhes, fils de l’helléniste et de Pascal Boulhol, Président de Connaissance hellénique.
Le lot à valeur de symbole comprend : une douzaine de Petits Hachette (texte grec avec notes infrapaginales) de la fin du 19ème et du début du 20ème siècles, la plupart d’auteurs grecs (Platon, Plutarque, Épictète…) et certains latins (dont Ovide) ; deux fascicules de vocabulaire philosophique grec ; le Lexicon graeco-latinum de Grimm (1903), que nous avons fait restaurer pour l’occasion. Nous faisons circuler ces différents ouvrages auprès des élèves.
Laurent Caillot a apposé la dédicace ci-après à chacun de ces livres à l’attention d’Augustin d’Humières :
| Ἦν τοῦτο τὸ βιϐλίον ἐκείνῳ τῷ διδασκάλῳ τῆς ἑλληνικῆς γλώττης τε καὶ τῶν γραμμάτων, τῷ Ἑρμαίου συγγραφεῖ, τῆς τῶν πλείστων παιδείας συνεχῶς σπουδαιοτάτῳ, πάνυ ἀξιοτίμῳ καὶ ἐπιποθήτῳ Jean-Victor Vernhes (1937-2025) |
Ce livre a appartenu à ce grand professeur de langue et de littérature grecques, auteur d’Hermaion, qui fut continuellement très ardent à éduquer le plus grand nombre, très digne d’éloge et regretté, Jean-Victor Vernhes (1937-2025) |
3ème temps : Le Lexique Hermaion (texte et illustrations), complément du célèbre manuel de Jean-Victor Vernhes
| Laurent Caillot explique aux élèves la genèse du Lexique Hermaion venant compléter le manuel de Jean-Victor Vernhes. Ce lexique est mis en circulation parmi les élèves. Ayant réappris le grec ancien en autodidacte avec Hermaion et Connaissance hellénique, il a classé progressivement tous les mots grecs introduits par Hermaion dans leurs différents sens, un travail qui aura nécessité plusieurs centaines d’heures de concentration sur trois ans. Ἕρμαιον est un manuel très riche en vocabulaire mais avec un lexique-index volontairement sélectif de la part de Jean-Victor Vernhes. Cette initiative personnelle visait à faciliter l’assimilation de ce vocabulaire. Ce recueil n’était pas destiné, au départ, à être publié. Laurent Caillot ayant adressé le lexique provisoire à Connaissance hellénique pour servir à d’autres apprenants, est entré en relation épistolaire à l’été 2024 avec Jean-Victor Vernhes. Celui-ci l’a encouragé et soutenu en vue de la finalisation de ce qui est devenu le Lexique complet de la méthode Hermaion. En février 2025, Jean-Victor Vernhes faisait part à Ophrys, l’éditeur d’Hermaion depuis 1972, de l’avis favorable de Connaissance hellénique pour une publication du Lexique Hermaion. |
Source : site internet d’Ophrys |
La présentation du Lexique Hermaion était la troisième évocation publique de cet ouvrage depuis sa parution début septembre 2025, après la cérémonie de remise des prix du concours C.I.C.E.R.O. International 2025 à l’Ecole normale supérieure (ENS) Ulm le 10 octobre 2025 puis la soirée débat et dédicaces du 25 octobre 2025 à la librairie arlésienne De Natura Rerum, spécialisée dans l’Antiquité.
Comme l’indique la revue ὁ λύχνος, ce lexique imprimé est issu du retour d’expérience d’un apprenant et non d’un professeur. Le choix initial de structurer le lexique par catégories grammaticales de mots (noms, adjectifs, adverbes, prépositions, verbes…), ce qui implique une consultation après avoir fait une hypothèse sur la nature du mot. Cela constitue une originalité par rapport aux autres lexiques francophones publiés, qu’ils soient purement alphabétiques, thématiques ou par racine. Ce choix initial a été maintenu, Laurent Caillot précisant qu’il s’est entouré de l’avis de plusieurs enseignants et apprenants de grec ancien. Il a aussi veillé à enrichir le corpus lexical par des mots d’occurrence fréquente pour compléter ceux d’Hermaion.
Avec près de 4 200 entrées, dont certaines sont très développées (en particulier les verbes usuels), le Lexique Hermaion contient désormais l’ensemble des termes grecs introduits dans le manuel Hermaion, les autres verbes irréguliers de la Grammaire grecque d’Éloi Ragon ainsi que des mots usuels complémentaires. Il présente les temps primitifs des verbes irréguliers et précise le type de déclinaison ou de classe des noms et adjectifs.
Les publics de ce Lexique sont variés : élèves (collège, lycée, enseignement supérieur, tout au long de la vie) et autodidactes, en lettres classiques ou modernes ou pour d’autres disciplines : histoire, philosophie, histoire de l’art, archéologie, grec biblique, arts dont le théâtre… car les circonstances professionnelles ou de loisir dans lesquelles chacune et chacun peut trouver à s’intéresser au grec ancien sont variées.
Les retours spontanés des élèves d’Augustin d’Humières vont dans le sens du choix opéré de classer les mots par catégorie grammaticale ; les pastilles de couleur relatives aux types de déclinaison, classes d’adjectifs et verbes irréguliers sont appréciées, de même que les illustrations. À la question sur le lien entre le Lexique Hermaion et le manuel de Jean-Victor Vernhes, Laurent Caillot répond que le lexique pouvait aussi être utilisé indépendamment d’Hermaion et a été conçu dans ce but également, comme un « Mots essentiels » du grec ancien.
Le Lexique a été relu et préfacé par Martin Steinrück, professeur d’université suisse en langue et littérature grecque, sur le conseil amical d’Anne-Iris Muñoz, professeure de lettres classiques en classes préparatoires à Rouen : sans eux, le Lexique Hermaion n’aurait pas pu être édité aussi rapidement, pour la rentrée 2025. La préface apporte un éclairage linguistique précieux.
Ce Lexique a été rendu possible aussi grâce à l’accueil très favorable reçu auprès de l’éditeur Ophrys (nous sommes très reconnaissants envers Julie Grilli et le vice-président de la maison d’édition Christophe Jeancourt-Galignani), qui a accepté de l’imprimer en quadrichromie, et grâce à la coopération très bienvenue de Florence Deville-Patte, qui l’a, selon le vœu de Jean-Victor Vernhes, magnifiquement illustré à partir de 42 aquarelles, dessins, céramiques et sculptures inspirées par la Grèce antique, sa mythologie, ses paysages et sa vie quotidienne. Les sites internet de Florence Deville-Patte (site d’auteure-illustratrice et site d’art d’artiste plasticienne, en forme de galerie d’art) témoignent de la palette de ses talents.
Réalisées dans leur quasi-totalité pour le Lexique Hermaion, les illustrations ont été réparties harmonieusement dans la pagination, avec pour chacune un mot-accroche en grec, une formule légère, souple et ludique. Une dizaine d’illustrations rendent hommage à Jean-Victor Vernhes et à Ἕρμαιον, dont la céramique contenant la citation de Sappho « et je dis que plus tard quelqu’un se souviendra de moi », une maxime que l’on applique volontiers à notre helléniste. Une légende des illustrations a été insérée en postface pour indiquer aussi précisément que possible les sources d’inspiration, notamment les céramiques ou les monuments. Cette iconographie prestigieuse et en couleur distingue clairement l’ouvrage parmi les lexiques francophones de grec ancien.
Le Cap Sounion et son temple de Poséidon, d’après une aquarelle de Florence Deville-Patte
Illustration de la 4ème de couverture du Lexique Hermaion
Source : extrait du Lexique Hermaion mis en ligne par l’éditeur Ophrys
En somme, comme le soulignent Laurent Caillot et Charmiane Frey, la production d’un ouvrage tel que le Lexique Hermaion est le fruit non seulement d’une vision mais aussi et surtout d’un travail d’équipe, incluant les auteurs (texte et illustrations), le relecteur et l’éditeur… ainsi qu’ici Jean-Victor Vernhes, qui a conseillé Laurent Caillot au 1er trimestre 2025 au sujet de la finalisation du lexique. C’est à juste titre que le Lexique Hermaion a été publié avec la mention « en coordination avec Jean-Victor Vernhes ».

Source : photo personnelle
Augustin d’Humières ayant déjà reçu un spécimen du Lexique Hermaion, cette fois nous en offrons un exemplaire à son association Mêtis, avec une dédicace qui emprunte à Hermaion une citation de Ménandre en l’honneur de l’éducation :
Ἀναφαίρετον κτῆμ’ ἐστι παιδεία βροτοῖς
L’éducation est un bien qu’on ne peut enlever pour les mortels
4ème temps : la démarche de recherche littéraire et historique et d’écriture d’un manuscrit bilingue sur la fondation de Massalia
Laurent Caillot et Charmiane Frey ont préparé, avec Mireille Bourhis, professeure de lettres classiques en retraite et enseignante bénévole à l’Association Philotechnique, un livre pédagogique bilingue grec ancien / français sur le thème de la colonie phocéenne de Marseille. Μασσαλία fut en effet fondée en 600 avant notre ère par des colons venus d’Ionie, en Asie mineure, c’est-à-dire sur la côte orientale de la mer Égée, aujourd’hui en Turquie.
La forme de ce manuscrit, pour lequel les coauteurs recherchent actuellement une solution d’édition, s’inspire de la collection des « Petits Grecs » et des « Petits Latins » publiés par La Vie des Classiques, le label pédagogique des Belles Lettres. Nous présentons cette collection en faisant circuler parmi les élèves un exemplaire des 4 premiers « Petits Grecs » déjà parus sous forme romanesque depuis 2023 : Divine Athéna, Les Jeux Olympiques ou l’incroyable histoire de Kallipateira, Les Amours de Thisbé et de Pyrame et Alexandre, La naissance d’un roi. Nous signalons qu’une vingtaine de « Petits Latins » ont été publiés depuis 2021, notamment sur la mythologie, l’histoire, le quotidien des Romains…
Notre manuscrit se compose d’un récit bilingue d’une dizaine de chapitres en langue simplifiée mais déjà riche et comporte trois parties :
- dans la première partie, le texte grec est mis en regard du texte français, à l’instar d’un « Budé » (la prestigieuse Collection des Universités de France, dans laquelle sont édités les œuvres originales d’auteurs grecs ou latins). Cela permet de lire en grec en consultant si besoin la traduction française, c’est-à-dire faire du « petit grec » pour se familiariser avec les tournures ;
- dans la deuxième partie, le même texte grec est accompagné de notes de vocabulaire et d’étymologie et d’explications de grammaire, ce qui peut servir à la lecture en grec comme à la version ;
- la troisième partie est un dossier documentaire : elle comprend le lexique général, des cartes géographiques, des compléments linguistiques, des fiches de civilisation (avec un accent mis sur l’archéologie de Μασσαλία à l’époque archaïque et les riches collections du Musée d’histoire de Marseille) ainsi que des jeux.
Nous nous y sommes engagés par passion pour le grec ancien et l’histoire antique et pour contribuer à transmettre cet héritage. Construire un tel livre suppose des recherches littéraires et historiques, qui constituent une part substantielle du travail, la fabrication d’un texte grec et de sa traduction française et la rédaction de compléments pédagogiques variés. Nous nous sommes fondés sur les recherches archéologiques les plus récentes afin de compléter les sources littéraires qui sont (très) postérieures aux événements.
Les questions des élèves fusent : le thème les passionne.
Pourquoi avoir choisi Marseille ? Parce que c’est la seule fondation de cité grecque sur le territoire métropolitain français, à la différence de l’Italie du Sud, largement colonisée (la Grande Grèce) et de la Sicile. Parce que Μασσαλία est la principale porte d’entrée de l’hellénisme vers ce que les Grecs ont appelé la Celtique, le pays des Κελτοί, et qui sera nommé ensuite par les Romains la Gaule.
Comment se passait la colonisation grecque ? Nous mettons l’accent à la fois sur ses raisons et sur les différences fondamentales avec le processus de colonisation européenne à partir des Grandes Découvertes et jusqu’au 20ème siècle. La recherche de débouchés commerciaux, la surpopulation et l’insuffisance de terres, la résolution de crises sociales et politiques expliquent cet essaimage des cités grecques depuis le noyau originel (Grèce balkanique, y compris Péloponnèse) vers l’Asie mineure, la Thrace puis les rives du Pont-Euxin (la Mer Noire) et surtout de la Méditerranée : Égypte, Libye, Sicile, Grande Grèce… et quelques fondations dans ce qui était considéré par les Grecs comme l’Extrême-Occident, vers la Celtique et l’Ibérie.
Ces migrations ont eu lieu à partir du 10ème siècle avant notre ère, pendant la période dite archaïque (8ème au 6ème siècle avant notre ère), puis classique (5ème et 4ème siècles avant notre ère, l’apogée de la Grèce antique), mais aussi plus tard à l’époque dite hellénistique à partir de la fin du 4ème siècle avant notre ère, en particulier en Orient où Alexandre le Grand fonda des dizaines d’Alexandries, jusqu’à l’Asie centrale et l’Indus.
L’historiographie de la colonisation grecque est traversée par de vifs débats en lien avec les controverses sur la colonisation moderne. Il ne s’agissait pas, à l’époque grecque archaïque ou classique, de prendre le contrôle d’une large part de territoire de manière que l’on pourrait qualifier d’impérialiste, et qui sera mise en œuvre plus tard par Alexandre le Grand et ses successeurs et par Rome, avec la constitution de provinces administrées.
Nous préférons, au fond, le terme d’essaimage qui rend mieux compte de ce processus mis en œuvre par les Grecs. Celui-ci fut tantôt guerrier, avec appropriation du territoire par les colons, tantôt pacifique, par alliance avec les populations autochtones. Ce second cas fut celui de Μασσαλία et c’est une autre raison qui nous a orienté vers ce thème d’écriture car nous souhaitons célébrer la coopération et l’amitié entre les peuples.
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Source : podcast de Radio France |
Le jour de l’arrivée des colons phocéens sur la côte celtique, Gyptis, la fille du roi celte Nannos, qui devait choisir son conjoint, tend sa coupe à Prôtis, chef de l’expédition grecque, pour marquer sa volonté de l’épouser. Cette union mythique, relatée par plusieurs auteurs antiques, scelle l’alliance des Celtes Ségobriges avec les colons phocéens, auxquels le roi Nannos donne le territoire de l’actuelle vieille ville de Marseille, au nord du Vieux-Port et qui deviendra Μασσαλία, puis Massilia à l’époque gallo-romaine. |
Les colons phocéens ont fondé Marseille sur la route de l’étain, un minerai indispensable à la fabrication du bronze mais dont la Grèce est dépourvue et qu’il fallait alors importer du sud de l’Ibérie. Par la suite, comme les Carthaginois compliqueront la route de l’Ibérie, les Massaliotes se tourneront vers la route intérieure de la Celtique afin d’acheminer l’étain des Cornouailles, en Bretagne (la Grande Bretagne, actuel Royaume-Uni). L’histoire de la colonie phocéenne n’a pas été exempte de combats contre les Celtes environnants mais elle a débuté par une alliance mythique, attestée par plusieurs auteurs grecs majeurs, celle de Prôtis le chef de l’expédition grecque avec la princesse Gyptis, fille du roi Nannos, roi
Nous introduisons quelques mots essentiels de notre création littéraire, en mettant l’accent sur leur étymologie :
- ἀποικία, mot qui signifie à la fois le processus d’essaimage loin (ἀπό) de son habitation (οἰκία, lié au verbe οἰκέω, j’habite) et le résultat de ce processus, à savoir la fondation d’une colonie et aussi la colonie elle-même ;
- le colon ἄποικος et les colons ἄποικοι ce qui désigne la première vague d’émigration vers la nouvelle colonie, alors que les ἔποικοι (nom formé sur le préfixe ἐπί, par-dessus ou après) qualifie les arrivants ultérieurs vers cette colonie ;
- le chef de l’expédition colonisatrice se dit ὁ οἰκιστής, οῦ (nom masculin de la 1ère déclinaison) ; le nom de Prôtis (Πρῶτις) est à relier avec l’adjectif πρῶτος, le premier et avec le pronom τις (quelqu’un) ;
- l’habitant de Μασσαλία se dit ὁ Μασσαλιώτης, ου, lui aussi masculin de la 1ère déclinaison ;
- la composition géographique d’une cité (πόλις), laquelle comprend la ville proprement dite (ἄστυ : l’espace urbain) et la campagne (χώρα) que celle-ci contrôle ; le terme de στενοχωρία désignant le manque de terres (στενός : étroit, que l’on retrouve dans sténographie ou dans sténose (le rétrécissement d’une artère) ;
- la Celtique : ἡ Κελτική, adjectif avec le nom sous-entendu γῆ, la terre.
Comment les Grecs voyaient-ils le monde à l’époque ? Nous expliquons qu’ils l’appelaient ἡ οἰκουμένη (γῆ), littéralement la terre habitée (participe présent moyen-passif de οἰκέω) et qu’il s’étendait des Colonnes d’Hercule (le détroit de Gibraltar) à l’ouest jusqu’à l’Asie (le Moyen-Orient actuel) et de l’Afrique (dénommée alors la Libye) et de l’Égypte au sud jusqu’aux terres du Nord de l’Europe, réputées habitées par les Scythes, les Celtes et au-delà des peuples mystérieux, les Hyperboréens. Nous sommes bien avant les conquêtes d’Alexandre. Le monde connu des Grecs était centré sur la Méditerranée et le Pont-Euxin.
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La couverture du « Budé » du Tome II (Livres III-IV) de la Géographie de Strabon et un timouque, membre du Conseil de Massalia, selon la reconstitution opérée par la troupe provençale des Somatophylaques
Nous proposons ensuite aux élèves, avec l’accord de leur professeur, une courte version improvisée à partir d’une phrase de Strabon sur le régime politique de Μασσαλία. Cela nous permet d’expliquer comment nous travaillons pour confectionner le texte grec, qui est un mélange de thème d’adaptation et de thème pur, en veillant à ce que les expressions ne soient pas le décalque du français mais bien des tournures habituelles en grec ancien. Le texte original décrivant le régime politique de Massalia et le texte adapté pour le manuscrit sur la fondation de cette cité sont reproduits sur le feuillet distribué aux élèves, avec des notes de vocabulaire et des indications de grammaire :
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Extrait de la Géographie de Strabon Διοικοῦνται δ’ ἀριστοκρατικῶς οἱ Μασσαλιῶται πάντων εὐνομώτατα, ἀνδρῶν ἑξακοσίων καταστήσαντες συνέδριον, διὰ βίου ταύτην ἐχόντων τὴν τιμήν, οὓς τιμούχους καλοῦσι. |
διοικέομαι, οῦμαι : administrer εὔνομος, -ος, -ον : régi par de bonnes lois, bien gouverné ἑξακόσιοι, -αι, -α : six cents – καθίστημι : établir συνέδριον, -ου (τὸ) : le Synédrion (le Conseil, à Μασσαλία) διά + génitif : pendant – τιμή, -ῆς (ἡ) : l’honneur τιμοῦχος, -ου (ὁ) : le timouque < celui a (ἔχει) l’honneur (τιμή) καλέω, ῶ : appeler |
| Indications : δ’ = δέ – εὐνομώτατα : adjectif pluriel au superlatif neutre, adverbialisé (complément de manière) – πάντων : génitif partitif – καταστήσαντες : participe aoriste actif de καθίστημι, apposé à οἱ Μασσαλιῶται – ἐχόντων : participe apposé à ἀνδρῶν – οὓς : pronom relatif dont l’antécédent est ἀνδρῶν |
Les élèves déchiffrent aisément la phrase, ensemble et avec la participation d’Augustin d’Humières qui sollicite la participation du plus grand nombre, dans une recherche collective enthousiasmante.
Nous fournissons aussi la traduction donnée par François Lasserre pour les Belles Lettres (Strabon, Géographie, Tome II, 1966) : « Les Massaliotes ont pour régime politique la constitution aristocratique la mieux réglée de toutes celles de ce type. Ils ont institué un collège de six cents membres qu’ils appellent timouques et qui conservent leur titre pendant toute leur vie ».
Nous passons à présent à l’adaptation de cette phrase pour le récit consacré à la fondation de Μασσαλία dans notre manuscrit et nous expliquons les simplifications opérées.
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Texte adapté pour le livre bilingue Ἡ πόλις ὑπὸ συνεδρίου ἑξακοσίων ἀνδρῶν τιμούχων ὀνομαζομένων διοικεῖται, διὰ βίου ταύτην τὴν τιμήν ἐχόντων. |
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Nous concluons la séance de deux heures en félicitant et en remerciant les élèves pour leur interactivité et leur passion à l’égard du grec ancien et de notre échange et leur professeur pour son invitation.
La visite de l’association de jeunesse et d’éducation populaire Mêtis fondée par Augustin d’Humières
En début de soirée, Augustin d’Humières nous convie à visiter l’association Mêtis. Il nous conduit jusqu’aux locaux qui sont mis à disposition par la municipalité, au Centre de loisirs Alain-Fournier situé dans les quartiers Beauval et Henri Dunant, quartiers prioritaires de la politique de la ville à Meaux.
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Augustin d’Humières en compagnie de Frédéric Lecourt, responsable administratif de de l’Association Mêtis. Sources : site internet de l’association Mêtis et photo personnelle
Mêtis, qui signifie l’intelligence en grec ancien (Μῆτις), est aussi un clin d’œil astucieux à la population des quartiers meldois Beauval et Henri Dunant, en partie originaire de l’immigration. Association de jeunesse et d’éducation populaire, Mêtis a été fondée en 2003 par Augustin d’Humières avec certains de ses anciens élèves pour œuvrer à l’égalité des chances, à la réduction des inégalités scolaires, à l’ouverture culturelle et à la promotion des valeurs de la République. Deux vidéos sur Youtube sont précieuses pour mieux connaître ses activités : la présentation de l’association Mêtis et l’interview de la présidente de l’association.
L’action de Mêtis bénéficie à de nombreux élèves des écoles primaires (près de 150 cette année) et secondaires (plus de 70 cette année), pour une cotisation annuelle modique, selon quatre axes fondateurs :
- l’accompagnement à la scolarité : une prise en charge individualisée de l’élève sur tout le temps périscolaire, du lundi au samedi (soutien scolaire, aide aux devoirs, ce qu’on appelait jadis une « étude »), en liaison permanente avec les parents et les établissements : chaque soir, une synthèse du travail effectué par chaque enfant leur est adressée ;
- le tutorat et l’ouverture culturelle : des sorties culturelles dans les musées, les monuments historiques et au théâtre ;
- la promotion du grec et du latin, qui sont des vecteurs d’égalité des chances et de réussite scolaire et un atout manifeste pour les élèves les plus vulnérables (2 000 nouveaux élèves recrutés en 20 ans) ; plusieurs élèves de lycée reçoivent des cours de soutien à Mêtis dans ces matières ;
- l’atelier-théâtre, encadré par des comédiens et techniciens professionnels.
Les accompagnants sont des enseignants (en activité ou en retraite) ou des étudiants (dont des anciens élèves), tissant un réseau de solidarité.
De nombreux anciens élèves d’Augustin d’Humières ont poursuivi avec succès des études ambitieuses et sont entrés dans des métiers prestigieux (juriste, médecin, informaticien, chercheur…), à l’image de l’actuelle présidente de Mêtis, avocate au barreau de New York. Promouvoir la réussite par l’exemple est ainsi l’un des moteurs de l’association.

Nous parcourons avec admiration les locaux, de manière évidemment discrète, raison pour laquelle nous ne prenons pas de photo. D’une salle à l’autre, d’une table à l’autre, par petits groupes, les élèves travaillent dans le calme et la concentration sous la houlette bienveillante de leurs accompagnants. Aucun outil multimédia ne pointe son nez ; les téléphones portables sont bannis pendant le temps passé à Mêtis. Les élèves reçoivent un goûter, chaque groupe après l’autre. L’ambiance est à la fois encadrée et chaleureuse ; nous prenons la mesure du savoir-faire déployé et consolidé au sein de l’association.

Nous admirons la bibliothèque de Mêtis, bien fournie dans toutes les matières : français, histoire-géographie, sciences, langues vivantes, langues classiques (latine et grecque)… devant laquelle nous nous attardons (sur la photo ci-dessus : le rayon grec ; tout à droite, le début du rayon latin).
Entouré de ses anciens élèves et des accompagnants, Augustin d’Humières a gagné et maintenu sur la longue durée son pari de doter les élèves issus de ces quartiers d’un bagage culturel ambitieux pour leur donner la chance que d’autres ont plus aisément par leur milieu d’origine. Mais la pérennité de ce pari repose sur les subventions que les pouvoirs publics et les mécènes privés lui accorderont.

Source : site internet du Lycée Jean Vilar, brochure sur les enseignements optionnels
Pour ce qui est du grec ancien et du latin, le recrutement d’élèves au Lycée Jean Vilar repose sur deux viviers. Le premier est celui de l’association Mêtis : les élèves du primaire et du collège qui ont été accompagnés sont plus sensibles à la proposition d’étudier ces langues. Le second, en dehors des quartiers prioritaires de Meaux, se cultive chaque printemps par Augustin d’Humières et ses (anciens) élèves dans une quarantaine de classes de collège (3ème) du bassin meldois. La promotion des langues anciennes est structurée et s’appuie sur l’expérience accumulée depuis près de trois décennies d’enseignement, comme le montre la brochure percutante ci-dessus.
En résumé, l’association Mêtis, après 20 ans d’exercice, fait partie intégrante du tissu social des quartiers prioritaires de la ville de Meaux, auxiliaire indispensable de la réussite des enfants qui y vivent.
Nous exprimons à Augustin d’Humières, passeur de culture antique à l’instar de Jean-Victor Vernhes auquel cette après-midi était aussi dédiée, notre admiration pour l’œuvre éducative et pour l’engagement et l’intelligence de ses élèves et de ses anciens élèves.
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Sources : sites internet du Lycée Jean Vilar (rubrique visite virtuelle) et du sculpteur Bernard Vié
Ce professeur généreux et visionnaire a soulevé une vague d’intérêt pour les langues et cultures de l’Antiquité à Meaux et dans son bassin de vie, à l’image de La Vague, la sculpture adossée à la façade du Lycée Jean Vilar, réalisée en 1994 par le sculpteur Bernard Vié (le lycée s’appelait alors Camille Claudel). Cette œuvre monumentale en bronze, en béton poli et à la structure en acier galvanisé, représente une embarcation de rameur pris dans la tourmente. Elle n’est pas sans rappeler la célèbre estampe homonyme du peintre japonais Katsushika Hokusai.
C’est par cette évocation artistique que nous concluons cette recension. Nous exprimons toute notre reconnaissance à Augustin d’Humières et à ses très sympathiques élèves hellénistes et latinistes pour leur accueil chaleureux lors de cette séance de partage autour de l’apprentissage du grec ancien.
Pour aller plus loin
Le Lycée Jean Vilar de Meaux, Augustin d’Humières et l’Association Mêtis
- Le site internet du lycée Jean Vilar
- Le site internet de l’Association Mêtis
- La vidéo Youtube de présentation de l’association Mêtis
- La vidéo Youtube de l’interview de la présidente de l’association Mêtis
- Pour contacter Augustin d’Humières : metis@orange.fr
- La sculpture La Vague de Bernard Vié, en façade du Lycée Jean Vilar
L’œuvre de l’helléniste et pédagogue Jean-Victor Vernhes
- Hermaion – Initiation au grec ancien, manuel dont la première édition par Ophrys date de 1972
- Les Corrigés partiels des exercices du manuel Hermaion publiés aussi chez Ophrys
- La page d’accueil de l’association Connaissance hellénique fondée par Jean-Victor Vernhes
- Le service gratuit d’initiation au grec ancien par correspondance, proposé depuis 1977 par l’association Connaissance hellénique fondée par Jean-Victor Vernhes
- La revue de culture grecque ὁ λύχνος (La lanterne), fondée en 1977 par Jean-Victor Vernhes
- L’article de Jean-Victor Vernhes « L’expérience de Connaissance hellénique » (2017) dans la revue ὁ λύχνος
- Deux articles de l’association Connaissance hellénique dans la revue ὁ λύχνος : Hommage à Jean-Victor Vernhes (mai 2025) par Pascal Boulhol et Éloge de l’Hermaion (juillet 2025) par Christian Boudignon
- L’entretien « Dans le jardin de Jean-Victor Vernhes » pour La Vie des Classiques (2022)
Les autres ouvrages présentés aux élèves de grec et de latin et leurs auteurs
- Lexique du parcours d’apprentissage Hermaion – Initiation au grec ancien, de Laurent Caillot et Florence Deville-Patte (un extrait de l’ouvrage peut être visionné depuis cette page du site internet de l’éditeur Ophrys)
- Le feuilletage du Lexique Hermaion sur la page Instagram de l’éditeur Ophrys
- « Mon odyssée vers le grec ancien », série d’articles de Laurent Caillot sur son réapprentissage en autodidacte avec Hermaion et Connaissance hellénique
- L’article de la revue ὁ λύχνος sur le Lexique Hermaion (septembre 2025)
- L’article du site NeoClassica du professeur Jérémie Pinguet sur le Lexique Hermaion, avec une interview détaillée de Laurent Caillot (septembre 2025)
- La recension de la soirée-débat du 25 octobre 2025 autour de la didactique du grec ancien et du latin, à la librairie d’Arles De Natura Rerum
- La femme qui replantait des mots. Pour une étymologie vivante, Éditions L’Autre Regard, 2020, de Florence Deville-Patte
- Florence Deville-Patte : son site internet d’auteure et d’illustratrice (comprenant sa bibliographie) et son site internet galerie d’artiste
- Les articles de Florence-Deville-Patte dans la revue ὁ λύχνος
- La vidéo Youtube de Florence Deville-Patte en hommage à Jean-Victor Vernhes (2021)
- La collection « Les Petits Latins » (depuis 2021) et « Les Petits Grecs » (2023) de La Vie des Classiques, label pédagogique de la maison d’édition Les Belles Lettres
L’Association Philotechnique et l’EPHE, deux lieux ressources pour autodidactes
- Le site internet de l’Association Philotechnique située à Paris (5ème arrondissement)
- Le site internet de l’École Pratique des Hautes Etudes (EPHE) à Paris
Laurent Caillot et Charmiane Frey
Arrête ton char Langues & Cultures de l'Antiquité













