Nous avons besoin des Langues & Cultures de l’Antiquité : Juliette

Lettres anciennes

Texte proposé par Juliette

julietteMême si j’ai mis en musique et chanté «Franciscae meae laudes» (de Charles Baudelaire !) je ne suis pas une latiniste émérite ! Et ma façon de chanter ces «louanges à Françoise» doit moins aux études les plus récentes de la prononciation restituée qu’à mon amour des chansons sud-américaines !

Mes souvenirs scolaires en ce qui concerne l’étude des langues dites «mortes»* ne sont pas ceux d’une excessive réussite. «Infandum, regina, iubes renovare dolorem !»

La première professeure qui m’enseigna les rudiments du latin était la petite-fille d’Emile Zola, ce qui, malgré mon âge avancé, laisse supposer que cette dame était d’un autre temps. Du coup, nous avons très vite compris le sens du mot «pensum» ! Et j’avoue que je ne connaissais que la première déclinaison par coeur juste parce que je connaissais -par coeur!- le tango de Brel : rosa, rosa, rosam…

C’est mon amour de la mythologie, de l’histoire, et du théâtre qui m’ont ensuite donné les motivations incontestables à poursuivre mes «humanités», et d’adjoindre deux heures de grec à mes deux heures de latin…
Tandis que nous quatre, car nous n’étions que quatre valeureux «lettres anciennes» dans mon lycée, étions du coup, mousquetaires, trublions, artistes bref, pas comme les autres ! Ce qui, à l’adolescence faut bien le dire, est l’inaccessible étoile ! Même si, par ailleurs nous étions plus que médiocres. La passion remplaçait la grammaire!

Je me souviens aussi de la dédicace du «Bachelier» de Julles Vallès : «A tous ceux qui, nourris de grec et de latin, sont morts de faim…»
Bien sûr, à l’époque de Vallès, l’étude de ces matières servaient quasi-uniquement de sélection scolaire implacable, pour acceder aux presitigieuses études de droit et de médecine, un rôle assumé de nos jours par les «maths» !

J’ai toujours eu la certitude que la connaissance se devait d’être universelle. Qu’un «spécialiste» qui ne sait rien d’autre que sa spécialité n’ira pas bien loin. Que le monde est rempli de gens formidables qui auraient été fantastiques si on leur avait ouvert la porte sur d’autres horizons. C’est à l’école qu’on trouve ces portes, souvent. On n’est pas obligé de les prendre.
Mais il ne faut pas qu’elles soient fermées…

* C’est ainsi que l’on disait de mon temps, pas si vieux, d’avant le politiquement correct ! Ceci dit, les aïeules sont mortes, mais la descendance se porte bien !

Juliette, chanteuse, auteure et compositrice

http://juliette.artiste.universalmusic.fr/

A propos Robert Delord

Enseignant Lettres Classiques (Acad. Grenoble) Auteur - Conférencier - Formateur : Antiquité et culture populaire - Président de l'association "Arrête ton char !" - Organisateur du Prix Littérature Jeunesse Antiquité

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