Addendum 13/06/2026 : Contrairement à ce qui est indiqué dans la lettre de saisine du CSP par la ministre Nicole Belloubet datée du 13 mai 2024, les nouveaux programmes de LCA du cycle 4 devraient être publiés à l’automne 2026 et entrer en vigueur seulement à la rentrée 2027.
Sollicitée le 21 mai dernier par le bureau des programmes et ressources pédagogiques de la Dgesco pour répondre à la consultation sur le projet de programmes LCA du cycle 4 et invité à répondre avant le 12 juin, notre association a, dans ce laps de temps très court, élaboré une série de propositions pour amender et compléter le projet de programmes LCA pour le cycle 4.
Ces propositions ont ensuite été soumises à nos adhérents via un sondage en ligne et ont été très largement plébiscitées. Les observations des collègues ayant répondu à notre sondage ont permis d’améliorer encore le texte final qui a été adressé ce jour au service de la Dgesco.
ATC rappelle qu’en plus de cette consultation des associations de spécialistes, une consultation individuelle est également engagée jusqu’au 19 juin. Pour y répondre, il suffit de vous rendre sur la page Eduscol suivante et de fournir une adresse mail afin de recevoir un code qui vous donnera accès à un court questionnaire et un espace d’expression libre.
Nous invitons bien sûr tous les enseignants de LCA à participer.
Propositions de l’association ATC adressées à la Dgesco :
I. MÉTHODE et calendrier de consultation des enseignants et associations
– “L’association Arrête Ton Char !” (ATC) s’interroge sur le calendrier et la méthode de consultation des membres de la communauté éducative à propos des projets de programme de LCA. En effet, si les nouveaux programmes présentés doivent entrer en vigueur à la rentrée de septembre 2026 (comme semble le laisser entendre plus ou moins clairement la lettre de saisine du CSP par Mme la Ministre Nicole Belloubet, le 13 mai 2024) comment les retours du terrain d’une consultation organisée entre le 18 mai et le 19 juin pourraient-ils être pris en compte suffisamment rapidement et efficacement par les services du Ministère afin de communiquer aux enseignants une version amendée de ces nouveaux programmes assez tôt pour que les professeurs puissent les travailler et se les approprier durant les vacances d’été ?
– Par le passé, déjà, des projets de programmes ont été soumis à la consultation des enseignants et des associations spécialistes et ont été publiés dans la foulée sans aucune prise en compte des remarques et propositions des professionnels du terrain. Nous espérons qu’il n’en sera pas ainsi cette fois-ci et que leurs observations seront entendues et prises en compte dans l’intérêt des élèves et de nos disciplines.
⇒ Aussi, ATC considère comme une mesure de bon sens qu’une première consultation des enseignants sur les changements de programmes soit effectuée en amont de la publication des nouveaux projets de programmes. Une deuxième consultation des enseignants devrait intervenir une fois le projet de programmes rédigé afin que celui-ci puisse être amendé dans la foulée par leurs auteurs en fonction des retours du terrain. Enfin, ces nouveaux programmes devraient être communiqués aux enseignants qui doivent les mettre en œuvre à minima six mois avant leur entrée en vigueur de façon à ce que les enseignants aient le temps de s’approprier ces nouveaux programmes et, le cas échéant, de modifier leurs cours et documents de travail.
II. CONTENU des nouveaux programmes
– La première chose qui frappe à la lecture de ce projet de programme est la richesse et l’ambition des contenus thématiques. Les cinq entrées proposées chaque année sont si vastes que ces programmes, notamment celui de l’année de cinquième, semblent avoir été conçus pour des classes disposant d’au moins deux heures de latin hebdomadaire. Or, il nous faut le rappeler une fois de plus ici : beaucoup de classes ont vu leurs horaires réduits à une heure hebdomadaire suite à la funeste réforme de 2016.
⇒ Aussi, ATC demande que des aménagements soient proposés concernant ces entrées au programme pour prendre en compte l’écart dans la dotation horaire des LCA qui varie de 3 à 7 heures, de la cinquième à la troisième en fonction des établissements. Un préambule, qui serait ajouté à la page 14, avant les spécificités des enseignements de latin et grec, pourrait explicitement lier des propositions d’aménagement au nombre d’heures allouées par les établissements scolaires.
– Pour les établissements les moins bien dotés, les nouveaux programmes pourraient, par exemple:
– ATC déplore la quasi-disparition de la mythologie dans les entrées de cinquième alors que cette thématique est certainement celle qui motive le plus les élèves dans le choix de l’option facultative LCA latin à la fin de l’année de sixième. Cela est également vrai pour beaucoup d’élèves choisissant l’option facultative LCA Grec ancien en fin de quatrième.
⇒ Aussi, ATC demande à ce qu’une place plus conséquente soit faite à la mythologie dans les entrées du programme de cinquième, notamment autour des thèmes suivants : Création du monde, Rapports et conflits entre les dieux et les hommes, Naissance de la justice, qui sont autant de thèmes fondamentaux dont les élèves sont friands et qui les incitent à étudier les LCA.
– De même, en quatrième, ATC s’étonne et regrette la quasi-disparition de la thématique des jeux du cirque (gladiature, courses de chars) relégués, semble-t-il à une rapide évocation dans l’entrée de cinquième “Habiter à Rome” et un éventuel projet en troisième dans le cadre de l’entrée “Héritages, dialogues et écarts” et du PEAC.
– L’amphithéâtre, dont le plus connu au monde, le Colisée, est le symbole même de la ville de Rome et de son illustre passé antique, n’a pas même droit à une seule mention dans le projet de programme. Pourtant, s’il est bien un fait de civilisation qui aurait besoin d’être débarrassé des clichés, approximations et contre-vérités historiques et archéologiques que le cinéma américain (obnubilé par les tableaux du peintre pompier Jean-Léon Gérôme, tous conservés aux États-Unis), c’est bien la gladiature.
⇒ Aussi, ATC demande à ce que les loisirs romains et les jeux du cirque et de l’amphithéâtre retrouvent leur place dans le programme de quatrième. Cette thématique ne nous semble pas avoir sa place au niveau cinquième. En effet, l’évocation de combats violents, de condamnations aux bêtes ou encore de chasses ou massacres d’animaux est susceptible de heurter la sensibilité d’un élève de douze ans. La thématique des jeux du cirque peut être abordée en quatrième de façon variée : à partir des épigrammes de Martial, des critiques des auteurs chrétiens, Saint Augustin ou Tertullien, des épitaphes gladiatoriales ou encore des mosaïques.
– L’entrée “Lire des histoires d’amour” en cinquième nous paraît doublement problématique. Il conviendrait d’une part de préciser de quelles histoires d’amour il s’agit et ce que l’on entend exactement par “lire”. S’il est question d’ “amours” mythologiques, il y a lieu de se demander si l’on peut vraiment parler d’histoires d’amour. S’il s’agit des histoires d’amour des poètes élégiaques latins, le niveau moyen d’un élève de cinquième ne permet d’accéder ni à la lecture, ni à la compréhension de ces textes pétris d’érudition hellénistique, que ce soit en latin ou en traduction.
– D’autre part, cette entrée thématique ne correspond ni au niveau de développement affectif d’un élève de cinquième, ni aux entrées du programme de français qui aborde cette thématique seulement à partir de la classe de quatrième.
⇒ Aussi, ATC demande à ce que cette entrée soit supprimée au profit d’une entrée dédiée à la mythologie plus adaptée au niveau cinquième, cohérente avec l’étude des textes fondateurs au programme de français en sixième et bien plus motivante pour les élèves de cinquième (voir notre préconisation à ce sujet plus haut en A.1).
– En quatrième, l’entrée “Parler à Rome : l’art oratoire”, si elle semble troubler un écho dans l’entrée “Critiquer, dénoncer, penser : les Lumières en héritage (discours, essai, récit, fiction)” des nouveaux programmes de français 4e, nous paraît pourtant trop précoce à la fois par rapport à la maturité des élèves, mais aussi par rapport au niveau de maîtrise de la langue latine par les élèves qui ne leur permet pas d’accéder pleinement aux textes des orateurs latins, que ce soit en langue originale ou en traduction.
⇒ Aussi, ATC demande à ce que cette entrée autour de l’art oratoire soit maintenue en classe de troisième, non seulement de façon à s’assurer que les élèves aient une maturité et une maîtrise de la langue suffisante pour accéder aux textes latins authentiques, mais aussi pour maintenir une cohérence entre cette entrée LCA et l’argumentation qui, en cours de français, n’est envisagée dans toutes ses dimensions (écoute, compréhension, interprétation et prise de parole) qu’à partir de la classe de 3e.
– En quatrième, l’entrée « Mettre en scène des conflits : des duels pour rire ? » nous paraît très réductrice car elle n’aborde le théâtre que sous l’angle de la comédie, et encore, un certain type de comédie. Quid de l’héritage grec ? De surcroît, cette entrée du programme de quatrième est la seule sur les trois années de latin au collège qui soit consacrée au genre théâtral.
⇒ Aussi, ATC demande à ce que les nouveaux programmes proposent d’autres ouvertures vers le genre théâtral à l’occasion des autres entrées. Par exemple, proposer l’étude d’extraits de pièces de Sénèque (Médée, Hercule furieux) dans l’entrée “Penser les passions”.
– L’entrée “Héritages, dialogues et écarts : un temps de projet pour penser l’Antiquité d’hier à aujourd’hui” qui revient chaque année du cursus des latinistes de la cinquième à la troisième nous apparaît tout à fait pertinente. Cependant, les projets de programme passent sous silence le temps nécessaire pour mener à bien ce type de projets. En effet, pour les établissements qui ne disposent plus que d’une heure hebdomadaire de LCA par niveau, il est tout simplement impossible en si peu de temps (36 heures dans l’année) de couvrir les quatre entrées thématiques annuelles, les notions grammaticales, l’apprentissage du vocabulaire et de mettre en place en plus de tels projets chronophages et qui nécessitent la plupart du temps un temps de restitution.
– De plus, les questionnements suggérés dans le document (laïcité, droits des femmes, problématique du consentement, développement durable, etc.) sont déjà abordés au cas par cas, si et quand l’enseignant le juge opportun au cours de ses séquences : ils n’ont pas à faire l’objet d’une entrée dédiée, qui relève d’un placage artificiel empiétant sur la liberté pédagogique des enseignants.
– En effet, la mise en place d’une entrée spécialement dédiée, de la cinquième à la troisième, à “tisser des liens (…) entre l’Antiquité et le monde contemporain (…) tout en se gardant d’analogies créatrices de contresens” risque bien d’avoir pour conséquence de produire les effets qu’elle prétend combattre, d’autant plus si elle est confiée à des enseignants ne disposant pas d’une culture antique suffisamment étendue pour éviter ce piège.
⇒ Aussi, ATC demande que cette cinquième entrée annuelle “Héritages, dialogues et écarts : un temps de projet pour penser l’Antiquité d’hier à aujourd’hui” soit clairement annoncée comme facultative afin de s’assurer que le reste du programme (entrées thématiques et apprentissages linguistiques) soit bien traité prioritairement par les enseignants. Autre possibilité: cette entrée pourrait être transformée en préconisation de projets portant sur l’une ou l’autre des quatre entrées annuelles véritablement thématiques .
– Le paragraphe “Acquérir des éléments de culture littéraire, historique et artistique” (p.14 du projet de programmes) reprend les différentes entrées du programme de l’enseignement des LCA Latin et Grec ancien et propose une liste d’occasions et de manifestations culturelles dont les enseignants peuvent se saisir pour mener un projet autour de l’entrée annuelle “Héritages, dialogues et écarts : un temps de projet pour penser l’Antiquité d’hier à aujourd’hui”.
⇒ ATC propose que soit ajouté à cette liste le Prix Littérature Jeunesse Antiquité, créé en 2019 par notre association, qui, à l’occasion de ses sept premières éditions, a déjà regroupé plus de 120.000 élèves et dont les thèmes abordés par les ouvrages en sélection correspondent parfaitement à l’esprit de cette entrée des programmes. Tout autre événement ou action en lien avec l’Antiquité devrait d’ailleurs pouvoir avoir sa place dans les nouveaux programmes et documents d’accompagnement.
– Pour ce qui concerne le Grec ancien au collège, il est important de rappeler, non seulement qu’une part significative des établissements proposant l’option facultative LCA Grec ancien ne dispose pas des 2 heures hebdomadaires officiellement attribuées à cette option, mais aussi qu’un certain nombre d’établissements, faute de dotation horaire suffisante, se sont contentés d’ouvrir une “initiation aux LCA Grec ancien” sur la base d’une heure hebdomadaire seulement.
– Que ce soit avec une ou deux heures de cours hebdomadaires, les attentes en termes de compréhension semblent vraiment hautes pour des débutants qui doivent déjà commencer par s’approprier un nouvel alphabet.
⇒ Aussi, ATC demande que les attentes en matière de lecture, compréhension et interprétation soient ajustées ou au moins que le contenu des séquences soit adapté au volume horaire pouvant y être consacré selon les moyens horaires attribués.
– Sans contester la nécessité d’enseigner aux élèves un usage efficient et raisonné de l’IA (comme de tous les autres outils numériques), ATC considère que l’IA fait une entrée un peu trop fracassante dans les nouveaux programmes de LCA (8 mentions en 37 pages) et trop peu réfléchie, comme c’est le cas à chaque nouvelle (r)évolution numérique ou logicielle à laquelle est confrontée l’Éducation nationale, avec le peu d’efficacité que l’on sait pour la réelle maîtrise de l’outil informatique et de l’environnement numérique par les élèves.
– L’utilisation de l’IA a, en effet de graves conséquences environnementales très bien documentées, présente de nombreuses limites tant éthiques que techniques et est en totale contradiction avec la notion de travail sur le temps long indispensable au travail de lecture et de traduction des langues anciennes et à l’étude des Humanités.
⇒ Aussi, ATC demande à ce que l’utilisation de l’IA ne soit plus imposée comme obligatoire aux enseignants mais laissée à leur libre appréciation.
– Le document “Cadre d’usage de l’IA en éducation”*, issu de la consultation nationale des organisations représentatives de la communauté éducative et des agents du ministère, menée de janvier à mai 2025, indique (p.9) : « L’utilisation pédagogique des IA génératives par les élèves, encadrée, expliquée et accompagnée par l’enseignant, est autorisée en classe à partir de la quatrième en lien avec les objectifs des programmes scolaires et du CRCN ».
– La ligne précédente indique qu’avant cette classe et « Dès le premier degré, les élèves sont sensibilisés aux connaissances de base sur les IA, mais sans manipuler directement des services d’IA générative. » Le projet de programmes de LCA s’inscrit donc en faux par rapport aux recommandations de l’institution en ce qui concerne le programme de cinquième.
– D’autre part, le niveau de maîtrise de langue (latine et française) en classe de cinquième limitant l’exercice de traduction à des extraits de textes authentiques très courts ou à des textes latins simplifiés ou construits, l’outil IA n’est pas du tout pertinent lors de la première année d’apprentissage du latin, sauf à vouloir utiliser l’IA à des fins essentiellement démagogiques.
* https://www.education.gouv.fr/cadre-d-usage-de-l-ia-en-education-450647
⇒ Aussi, ATC demande à ce que la prescription d’usage de l’IA en classe de cinquième soit purement et simplement abandonnée. De plus, l’utilisation de l’IA étant aussi fortement encouragée en formation continue pour la préparation des cours et de documents. ATC demande à ce que le cadre d’utilisation de l’IA soit bien mieux défini d’un point de vue à la fois éthique et pédagogique, pour éviter les débordements (ex.: fabrication de faux documents historiques en histoire, pour les présenter ensuite aux élèves, ce qui est une négation de ce qu’est cette discipline, qui base ses recherches sur des sources réelles et existantes).
III. MISE EN OEUVRE des nouveaux programmes
A- Disparités dans l’enseignement des LCA sur tout le territoire
– L’association “Arrête Ton Char !” tient à rappeler que contrairement aux préconisations de l’arrêté du 15 mars 2024*, une très grande inégalité d’horaires (établissements restés à l’heure unique de LCA sur les 3 niveaux du collège) et de situations (regroupements de niveaux…) d’enseignement des LCA perdure encore aujourd’hui.
⇒ Aussi, ATC souhaite demander à ce que soient proposées dans les nouveaux programmes et leurs documents d’accompagnement, des solutions concrètes et réalistes pour mettre en œuvre les programmes de LCA de façon efficace en fonction des horaires et situations de chaque établissement.
* https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000049289406
– Le projet de programmes insiste sur l’aspect transversal de l’enseignement des LCA. Cette transversalité n’est pas une nouveauté puisque les enseignants de LCA ont à cœur depuis longtemps de dispenser un enseignement transversal et interdisciplinaire afin de faire rayonner aussi largement que possible leur discipline dans leurs établissements.
– Indépendamment de la recherche de visibilité de cet enseignement, nous concevons déjà notre enseignement comme un carrefour des enseignements, comme un pont, comme un espace de dialogue entre l’Antiquité et l’époque contemporaine, un espace de réflexion sur notre époque par le prisme de l’étude de l’Antiquité. La comparaison des époques, avec des systèmes de valeurs différents, participe à l’ouverture culturelle et à la réflexion des élèves. C’est la raison pour laquelle les enseignants inscrivent déjà leurs cours dans les différents parcours éducatifs du collège.
– Toutefois, nous ne souhaitons ni plaquer des concepts modernes sur le monde antique, ni plaquer des concepts anciens sur le monde moderne, artificiellement et sans les problématiser. Nous ne voulons pas transformer les textes littéraires antiques en prétextes pour aborder des notions essentielles aujourd’hui mais trop anachroniques.
– D’autre part, aborder correctement des questions aussi importantes nécessite une solide formation continue dont la plupart des enseignants ne dispose pas.
⇒ Bien que convaincue de la transversalité des connaissances et compétences acquises par l’étude des LCA, notre association demande que les enseignants soient dispensés d’intégrer artificiellement dans leurs progressions les concepts les plus anachroniques (laïcité et éducation au développement durable) et qu’ils soient libres d’aborder ou non les autres.
– Un autre aspect de la transversalité de l’enseignement des LCA est totalement passé sous silence par le projet de programmes pour le cycle 4, c’est la transversalité avec les langues vivantes.
– En effet, c’est oublier que la langue latine, “langue mère” est non seulement à l’origine de deux langues romanes (espagnol et italien) largement étudiées par les élèves dans le second degré, mais a également fourni, par le truchement du français, près de 50% du vocabulaire anglais.
– Or, ces passerelles lexicales entre langues anciennes et langues modernes sont non seulement un argument supplémentaire en faveur de l’étude des LCA, mais aussi un levier puissant pour l’apprentissage des langues vivantes et un outil de compréhension et de mémorisation pour les élèves.
⇒ Aussi, ATC demande à ce que cette transversalité LCA – langues vivantes soit clairement mentionnée et promue dans les nouveaux programmes LCA du cycle 4.
C- Lecture d’œuvres intégrales et autres modalités de lecture
– Du constat de la disparité des horaires alloués aux LCA dans chaque établissement découle notre interrogation concernant l’insistance sur la “lecture d’œuvres intégrales” (plus d’une vingtaine de mentions dans les 37 pages du projet de programme).
– Dans la plupart des cas, cette modalité de lecture semble totalement utopique ou, à tout le moins, risque, si l’on n’y prend garde, de ramener l’enseignement des LCA quarante ans en arrière, à une époque où l’on passait parfois une bonne partie de l’année scolaire à lire/traduire in extenso le De bello gallico de Jules César.
– De même, le document ne donne aucune indication sur la nature des textes à étudier sur chaque niveau : textes authentiques, textes simplifiés, textes construits…
⇒ Aussi, ATC demande à la fois davantage d’explications, dans les nouveaux programmes et leurs documents d’accompagnement, sur la démarche de lecture d’œuvres intégrales dans un contexte d’horaires réduits, mais aussi des précisions sur la nature des textes à étudier tout au long du collège. ATC rappelle son parti pris assumé, depuis des années déjà, en faveur de l’utilisation, en plus des textes authentiques, de textes construits, notamment pendant la première année d’apprentissage du latin. Les ouvrages de la série “Les petits latins” et “Les petits grecs” dans la collection “La vie des classiques” de l’éditeur Les Belles Lettres, nous paraissent ainsi tout indiqués.
– Notre association déplore toujours l’absence de prise en compte de l’enseignement des LCA en Enseignement Conjoint des Langues Anciennes alors que ce dispositif est largement répandu et permet de faire vivre l’enseignement du grec ancien en particulier dans un contexte budgétaire qui ne permet pas de financer correctement les options. Une seule mention est faite de ce dispositif à la page 32 du document dans un paragraphe qui témoigne une certaine méfiance vis-a-vis de cette démarche mais ne propose aucun exemple de mis en œuvre.
⇒ Aussi, sans souhaiter la généralisation de la démarche d’ECLA qui est trop souvent la seule solution trouvée pour pallier le manque d’heures allouées à l’enseignement des LCA, ATC apporte son soutien aux enseignants engagés dans cette démarche et demande à ce qu’une place plus significative soit faite à ce dispositif dans les nouveaux programmes et leurs documents d’accompagnement. Les documents d’accompagnement des programmes de LCA pourraient notamment fournir des exemples de progression, de mises en œuvre et d’activités en ECLA qui pourraient s’inspirer directement des nombreuses expérimentations menées par les enseignants sur tout le territoire. L’entrée “Échanges d’idées et de savoirs dans l’espace méditerranéen” de la classe de quatrième est d’ailleurs tout à fait adaptée à la démarche de l’ECLA.
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